Un an de Chapo au pouvoir au Mozambique : qu'est-ce qui a changé ?

Un an de Chapo au pouvoir au Mozambique : qu’est-ce qui a changé ?

Au milieu des protestations contre les élections, le nouveau chef de l’État, Daniel Chapo, a pris ses fonctions il y a un an, avec la promesse de lutter contre le terrorisme, la corruption et d’améliorer les conditions de vie des enseignants, des médecins et des infirmières.

Mais un an plus tard, ces groupes de professionnels réclament toujours la rémunération des heures supplémentaires et l’amélioration des conditions de vie.

Le porte-parole de l’ANAPRO, Marcos Mulima, comprend que le pays n’avance pas dans tous les secteurs. Et dans le cas précis de l’éducation, il appelle à la démission du ministre de tutelle.

« Qui est en faveur de la pratique de l’identité, qui ne veut pas voir l’éducation avancer. De plus, nous comprenons que la politisation de l’éducation est un chaos et tout cela se produit parce qu’il n’y a aucun intérêt à former des masses qui aident le pays à progresser », explique-t-il.

L’Association des professionnels de santé unis et solidaires du Mozambique (APSUSM) a annoncé ce mercredi (14.01) une grève de 30 jours, extensible, à partir de ce vendredi (16.01).

Le président de l’association, Anselmo Muchave, justifie la grève par le mécontentement de la classe face à la décision du gouvernement de verser seulement 40% du 13e salaire aux professionnels de la santé.

« Rien ne change »

Les citoyens interrogés par DW déclarent qu’ils ne voient rien changer dans le pays. « Absolument rien n’a changé, cela fait un an. Il n’y a pas d’emplois, l’âge avance et il ne se passe rien », fustige un citoyen.

« Ce gouvernement Chapo n’aide à rien, les choses n’avancent pas », déplore un autre habitant. « Le FRELIMO gouverne, mais rien ne change », renchérit un autre Mozambicain.

Mais le politologue Dércio Alfazema comprend qu’il existe des signes positifs indiquant que la gouvernance de Daniel Chapo est prometteuse. « L’investissement qui est fait pour les jeunes, la question du fonds d’initiative locale, tout le soutien pour relancer le secteur privé, les investissements dans le domaine des infrastructures, même si c’est une année difficile, je pense que le gouvernement répond », dit-il.

Au début de l’année, le pays était au bord d’une grève générale de la fonction publique. Mais Dércio Alfazema estime que le gouvernement a réussi à répondre à ce scénario. « Ce mandat a commencé avec l’imminence d’une grève générale de la fonction publique, une situation que nous n’avons jamais connue dans le pays, mais le gouvernement a su répondre à tout cela, en rassurant ces professionnels », estime-t-il.

Combattre la corruption par des discours ?

Dans son discours d’investiture, le 15 janvier 2025, Daniel Chapo a mis en avant à plusieurs reprises la lutte contre la corruption dans le pays.

Cependant, le journaliste Alexandre Chiure estime qu’au Mozambique la lutte contre ce mal se termine par des discours et sans mesures concrètes.

« Si on combattait la corruption à partir de discours, elle n’existerait plus. Nous avons suivi de beaux discours sur la corruption, mais ils ne sont pas accompagnés de mesures. Ce qui se passe dans ce pays, c’est prendre des mesures, décider de corriger cette situation », conclut-il.