Guinée-Bissau : La société civile retourne dans la rue le 20 janvier

Référendum : Aura-t-on le temps d’éclairer les Guinéens ?

Il ne reste que quelques semaines aux Guinéens pour se prononcer lors des urnes sur la nouvelle Constitution de la République, élaborée par le Conseil national de transition (CNT), organe qui a assumé les fonctions législatives après la prise du pouvoir par le Haut commandement militaire.

D’ici là, le défi ne consistera pas seulement à garantir que le processus se déroule de manière organisée et transparente. Il s’agira également de s’assurer que les citoyens disposent de suffisamment d’informations pour comprendre les changements proposés et ce qu’ils décideront réellement le 30 août.

Le premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, considère qu’il est essentiel que la population soit correctement informée de ce document. « Il y aura une présentation formelle du document (Constitution) en question. Parce que les gens ont besoin de connaître le document et je pense que cette semaine ils feront la présentation et ensuite il sera distribué aux régions, pour que les gens sachent pour quoi ils voteront », a-t-il dit.

Actions d’éducation civique du CNE

S’adressant à DW, la superviseure des animateurs civiques à la Commission nationale électorale (CNE) de Guinée-Bissau, Nfamara Conté, explique que, selon la loi, il n’appartient pas à la CNE de faire connaître ou d’expliquer les changements prévus dans la nouvelle Constitution. Cette responsabilité appartient à l’organisme qui a procédé à la révision constitutionnelle, en l’occurrence le CNT.

« Le CNE ne parle en aucun cas du sujet soumis au vote. Le CNE, en tant qu’organisme qui gère le processus, est neutre sur cet aspect. La seule chose que le CNE fait sur le terrain avec ses animateurs est d’informer sur la bonne manière de voter, pour éviter les votes nuls ou blancs », a expliqué Conté.

Le CNE prépare ces actions d’éducation civique et veille à ce que les conditions pour voter le 30 soient réunies. La semaine dernière, l’organisme a réalisé une formation pour les animateurs civiques et les membres du bureau de vote et, selon le calendrier des activités auquel DW a eu accès, le CNE envisage de réaliser des activités de sensibilisation pendant les 17 jours de campagne prévus par la loi.

Nfamara Conté souligne que le CNE assumera sa responsabilité d’organiser le processus et d’assurer un vote libre, équitable et transparent, suivant les mêmes principes que les processus électoraux précédents.

« Nous avons toujours œuvré pour que les élections soient libres, équitables et transparentes et nous continuerons ainsi. Nous disposons de suffisamment de ressources humaines pour le faire. Nous attendons simplement la continuité des ressources. Par conséquent, nous garantissons à l’ensemble de la population que nous travaillerons comme dans les processus précédents », a-t-il déclaré.

Légitimité du Conseil de transition

L’information des électeurs n’est cependant pas la seule préoccupation à ce stade. Le processus d’approbation du nouveau document, qui établit les règles fondamentales pour le fonctionnement de l’État, revêt une importance particulière dans un contexte où la légitimité du Conseil national de transition, l’organe chargé du contrôle constitutionnel, continue d’être contestée dans le pays.

La CNT a été créée à la suite du coup d’État qui a interrompu un processus électoral avant que les résultats ne soient connus, l’un des principaux arguments invoqués par ses détracteurs.

Par ailleurs, selon la Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH), le référendum est illégal, puisque la législation du pays interdit la tenue de référendums immédiatement avant les élections prévues le 6 décembre.

La Commission Technique pour le Référendum du Conseil National de Transition a annoncé qu’elle lancerait jeudi (13/08) une campagne nationale pour faire connaître le contenu amendé de la Constitution, qu’elle a baptisée « Campagne en faveur du Référendum sur la Nouvelle Constitution ».

Mais à moins de 20 jours du référendum, la question demeure : y aura-t-il suffisamment de temps pour informer la population des changements et permettre aux citoyens de voter en toute connaissance de cause ?