Après une première absence à la réunion des généraux et officiers supérieurs de la RENAMO, à Manica, le chef du parti est arrivé à l’événement accompagné de son équipe et de la police, démontrant le niveau de tension que connaît la deuxième force d’opposition du Mozambique.
« Ce n’est pas le moment pour quelqu’un de dire: « Je vais être président », cela n’arrivera pas ici à la RENAMO. Nous luttons pour une démocratie, nous devons faire en sorte que cette démocratie se réalise, nous le faisons. Vouloir attaquer le pouvoir n’est pas notre règle, ce n’est pas notre vocabulaire. Agresser, faire un coup d’État, non monsieur! », a déclaré Ossufo Momade.
Depuis plus d’un an, une grande partie des adhérents du parti réclament à plusieurs reprises le départ d’Ossufo Momade de la direction de la perdrix. Les mécontents, pour la plupart démobilisés après 16 ans de guerre, ont même repris les délégations du parti dans certaines régions du pays.
Quand a lieu le congrès ?
Mais Momade, qui a été choisi selon les règlements du parti, ne cède pas aux pressions et garantit qu’il ne quittera la direction qu’après le congrès, qui n’a pas encore de date fixée, date à laquelle aura lieu un nouveau vote interne pour le nouveau leader.
Cependant, le mécontentement du parti accuse la direction de tenter de reporter, avec de mauvaises intentions, toutes les procédures visant à préparer le congrès. Ce vendredi (27.03), Momade a pris ses distances avec les accusations en déclarant : « Personne n’a refusé la tenue du congrès, personne ».
Ossufo Momade, qui n’a pas accepté de débattre de la crise avec ses détracteurs internes ces derniers mois, a néanmoins apprécié la réunion de jeudi et vendredi (26 et 27.03) à laquelle ont participé des noms renommés de la RENAMO, comme Manuel Bissopo, André Magibiri et Alfredo Magumisse, affirmant que « c’est en parlant qu’on se comprend ».
Momade accusé du naufrage de la RENAMO
Ossufo Momade, considéré par de nombreux Mozambicains comme incapable de diriger la RENAMO et même accusé d’avoir coulé le parti, a vu sa formation rétrogradée du statut de première force de l’opposition, poste qu’elle a occupé pendant plus de 30 ans.
Le leader a également condamné ce qu’il considère comme un « lynchage de caractère » au sein de la formation et a accusé « les frères de ternir l’image du parti dans les tribunes », en référence à António Muchanga qui a pris une mesure conservatoire contre la RENAMO pour sa suspension de la formation. Momade comprend que ces conflits internes menacent les objectifs du parti, notamment dans le contexte des prochaines élections.
Momade a donc appelé à « la discipline et l’unité interne » et s’est notamment adressé à ses opposants : « J’appelle les frères à abandonner les délégations qui empêchent le plein fonctionnement ». « Ne favorisez plus l’ennemi ! » demanda Momade.
« Notre destin est d’être une alternative en matière de gouvernance et de placer les intérêts supérieurs de notre parti au-dessus de nos intérêts personnels, car ensemble nous sommes plus forts », a-t-il exigé.
Il a été décidé lors de la réunion de tenir le Conseil National au cours du premier semestre de cette année, et lors de cette réunion, la date du prochain Congrès extraordinaire ou ordinaire devrait être fixée.
