TAAG : Un marché parallèle des billets indigne des passagers

Le gouvernement angolais devrait-il s’orienter vers la privatisation de TAAG ?

La décision est prise. Le gouvernement angolais va même procéder à la privatisation de TAAG, la principale compagnie aérienne du pays, dans le courant de cette année, dans le cadre du Programme de privatisation (PROPIV), à travers l’ouverture d’un appel d’offres public avec qualification préalable.

Les mauvais résultats économiques successifs du transporteur ces dernières années pourraient être à l’origine de cette décision, initialement prévue pour 2021.

Selon le journal Expansão, rien qu’en 2024, TAAG a enregistré des pertes de 134,2 milliards de kwanzas (un peu plus de 126 millions d’euros), après avoir enregistré des pertes de 90,1 milliards de kwanzas (équivalent à 93 millions d’euros) en 2023.

Pour l’économiste Daniel Lando, la privatisation de TAAG, plus que nécessaire, est urgente : « Nous sommes face à une entreprise qui a été soutenue davantage par les transferts du budget de l’État que par la productivité de son activité économique », souligne-t-il.

Le consultant économique Galvão Branco est également d’accord avec la privatisation de la compagnie aérienne nationale.

Selon lui, il s’agit d' »une question qui correspond au moment que traverse la compagnie aérienne et qui, en fait, nécessite des décisions stratégiques qui résolvent la situation de TAAG compte tenu de sa capacité à être autonome ».

« La privatisation est urgente »

Mais l’annonce de la privatisation suscite également d’autres interprétations sur le rôle social et stratégique de TAAG en tant qu’entreprise publique.

L’économiste Ladislau Francisco se dit non contre la privatisation de l’entreprise, mais défend la nécessité pour l’État de rester dans la structure corporative de TAAG, afin de sauvegarder les questions d’intérêt national et régional dans le transport aérien.

« Qu’allons-nous faire quand il y a un besoin de transport ? Qu’allons-nous faire quand d’autres entreprises ne trouvent pas certains marchés attractifs, ces questions étant étroitement liées aux provinces ? », demande Ladislau Francisco.