Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, est mort lors d’une offensive coordonnée entre Israël et les États-Unis. La réponse iranienne ne s’est pas fait attendre et la région s’est plongée dans une nouvelle spirale de violence.
La mort de l’ayatollah Ali Khamenei a provoqué une réaction immédiate de la part de Téhéran. L’Iran a lancé une vague de missiles contre des bases américaines dans huit pays du Moyen-Orient : le Qatar, les Émirats arabes unis, Dubaï, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l’Irak et Israël.
Des sources officielles confirment que certains de ces missiles ont touché des zones résidentielles. Washington et Tel-Aviv affirment que leurs opérations « Epic Fury » et « Roaring Lion » visent à renverser le régime iranien, au pouvoir depuis plus de 40 ans, et à détruire ses capacités militaires. Selon les données préliminaires, plus de 200 personnes sont mortes lors d’attaques sur le territoire iranien.
Dimanche (01.03), un Conseil de transition a pris ses fonctions à Téhéran, chargé de gérer le pays en cette période d’incertitude. Le président Masoud Pezeshkian est l’un des membres de cet organisme. Le nouveau chef suprême pourrait être annoncé dans les prochains jours.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont juré de venger la mort d’Ali Khamanei. Hier soir, elle a de nouveau lancé des missiles sur des positions américaines au Moyen-Orient.
Les opérations militaires vont s’intensifier
Les dirigeants d’Israël et des États-Unis, Benjamin Netanyahu et Donald Trump, ont déjà prévenu que le conflit pourrait se prolonger et garanti que les opérations militaires seraient intensifiées « au cœur de Téhéran ».
« J’exhorte les Gardiens de la révolution, la police militaire iranienne, à déposer les armes et à bénéficier d’une immunité totale sous peine de mort certaine. Ce sera une mort certaine, ce ne sera pas agréable », a prévenu Trump.
Netanyahu a également promis de « détruire complètement le régime terroriste » en Iran : « C’est ma promesse et c’est ce qui sera fait ».
Face à un risque sérieux d’extension du conflit, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni admettent participer à des actions militaires contre l’Iran, si ses intérêts sont menacés, en collaboration avec les États-Unis et Israël.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a garanti que le Royaume-Uni participerait plus activement au conflit. « La base de notre décision est l’autodéfense collective des amis et alliés de longue date et la protection de la vie des Britanniques. Ceci est conforme au droit international. Et nous réunirons également des experts ukrainiens avec nos propres experts pour aider les partenaires du Golfe à abattre les drones iraniens qui les attaquent », a-t-il déclaré.
L’Allemagne et la France ont publié une déclaration commune avertissant qu’elles pourraient prendre « des mesures nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l’Iran à lancer des missiles et des drones ».
L’Union européenne (UE) a également décidé de renforcer sa mission navale en mer Rouge avec deux navires français supplémentaires, craignant que l’escalade militaire n’affecte le trafic maritime international.
Guerre économique aux conséquences mondiales
Mais plusieurs économistes et analystes soulignent que cette guerre va bien au-delà du récit nucléaire : il s’agit d’une guerre économique, avec un impact mondial. Et l’Afrique ne sera pas en reste.
Dans une interview accordée à DW, l’économiste guinéen Carlos Lopes met en garde contre le risque de paralysie du détroit d’Ormuz, par où passe 20 % du pétrole mondial. L’impact serait immédiat : hausse des prix, inflation mondiale et profonds déséquilibres économiques.
Il existe des pays africains très exposés, comme l’Égypte, où le canal de Suez est en danger. Mais il y a aussi ceux qui peuvent en profiter : l’Afrique du Sud, avec ses navires sillonnant le continent, et l’Angola, qui peut profiter de la hausse des prix du pétrole.
Carlos Lopes estime que le monde est confronté à « un choc profond » dont « nous ne pouvons toujours pas mesurer les effets ».
Mais les marchés ont déjà réagi : le prix du pétrole a augmenté de 13% à l’ouverture de ce lundi, reflétant l’incertitude croissante au Moyen-Orient.
