Les municipalités du Mozambique ne parviennent pas à générer suffisamment de revenus pour fonctionner. Beaucoup d’entre eux dépendent de l’allocation de fonds du gouvernement central, qui est également confronté à des difficultés financières.
Des municipalités comme Namaacha, dans la province de Maputo, Angoche et Nacala, à Nampula, Inhambane et Quelimane, dans la Zambézia, connaissent depuis des mois des scénarios d’arrêts de travail pour non-paiement des salaires. Les salariés vivent des journées difficiles.
« Le problème, ce sont les salaires. Cela fait 5 mois que nous sommes sans salaire. Nous essayons de nous renseigner auprès de nos managers et ils ne disent rien », déplore un salarié.
« Nous sommes prélevés chaque mois, mais ils ne sont canalisés ni vers l’INSS ni vers les Finances. »
« Il n’y a aucune morale pour nous de travailler, nous sommes pleins de dettes », dit un autre employé.
Les résidents se plaignent à plusieurs reprises de la mauvaise prestation des services. Les problèmes les plus urgents sont le mauvais assainissement, les transports, le ramassage des ordures et l’érosion.
« Ce que nous demandons, c’est que le fossé continue ici, car quand il pleut, il se remplit ici », se plaint un habitant.
« Ici, c’est plein de mouches la nuit. Dans les chambres, partout, à cause des détritus », raconte un autre habitant.
Nouveaux mécanismes de collecte des recettes
L’analyste Wilker Dias suggère que les municipalités se réinventent dans la collecte des revenus et ne se limitent pas à survivre sur la base des taux quotidiens du marché. Il existe des communes dotées d’un potentiel touristique, capables d’attirer les touristes et disposant d’une certaine indépendance financière.
« Nous pouvons regarder, par exemple, la municipalité de Gorongosa qui peut créer d’autres attractions, à Namaacha nous pouvons créer d’autres attractions avec des cascades, ouvrir des restaurants, donc ce sont des choses nécessaires s’il y a une vision. »
Et pas seulement. Selon Wilker Dias, « l’exécutif doit savoir créer des opportunités de location et de décentralisation de certains biens essentiels dans le pays, avec l’attribution obligatoire dans certaines municipalités, pour collecter des recettes ».
Et il prévient qu’il faudrait mener des études approfondies sur la création de nouvelles municipalités qui doivent générer des revenus et survivre par elles-mêmes.
« Parce qu’il y a des municipalités qui se voient attribuer sans les conditions nécessaires et la préparation géopolitique en matière d’aménagement du territoire, l’étude de la capacité fiscale de perception des recettes. Nous regardons beaucoup cet aspect de la densité de population mais nous ne regardons pas la capacité des sources possibles de perception des recettes », conclut Dias.
Au Mozambique, il existe 65 municipalités qui couvrent les villes et certains chefs-lieux de district.
