Inondations : partisanerie de l’aide ou victimisation des partis ?

Inondations : partisanerie de l’aide ou victimisation des partis ?

Le député du Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), José Domingos, accuse les autorités locales du district de Búzi, à Sofala, et l’Institut national de gestion des catastrophes (INGD) d’avoir abandonné les lieux au moment où le parti est arrivé avec de l’aide humanitaire destinée aux victimes des inondations.

« Il n’y a pas de couleur partisane ici, mais ils l’ont quand même à l’esprit. Ce qu’ils font avec nous lors des rassemblements, ils le font ici, au centre d’hébergement pour personnes en souffrance. Nous sommes inquiets, nous voulons insister, au niveau national, pour changer ce comportement quand c’est pour aider les gens, parce qu’ils ne le font pas et ne permettent pas que cela se fasse », conteste-t-il.

Pour le politologue Dércio Alfazema, le MDM assume une position de victimisation. Il soutient que le parti aurait dû se coordonner au préalable avec les structures compétentes avant de procéder à l’acheminement de l’aide.

« Au lieu de regarder les victimes, ils essaient de se victimiser eux-mêmes. Je veux dire, ce sont désormais des victimes et non plus ces personnes qui ont été touchées (par les inondations) », commente Alfazema.

L’analyste et journaliste Alexandre Chiúre comprend que le scénario enregistré à Búzi démontre une claire partisanerie de l’aide aux populations touchées.

« Car si c’était le parti au pouvoir (FRELIMO), ils seraient restés comme des soldats soutenus et ayant droit à un tapis rouge. Comme c’est un autre parti, ils ont donc fait ce qu’ils ont fait. Cela n’a pas de sens, c’est inacceptable. »

Politisation du changement climatique

Une situation similaire a également été dénoncée par ANAMOLA, parti dirigé par Venâncio Mondlane. Pour Dércio Alfazema, ces positions révèlent une tendance à la politisation du changement climatique.

« Politiser le changement climatique, les inondations et la pluie est une aberration. Cela montre que nos politiciens ne sont malheureusement pas prêts à faire de la politique de manière active et constructive et pour le bénéfice du peuple. »

De son côté, Alexandre Chiúre comprend que la présence organisée de partis auprès des victimes ne constitue pas de la partisanerie.

« Cela fait partie de l’activité politique des partis. Ils profitent de ces moments pour se présenter et faire des dons, pour se rapprocher de l’électorat. Une des accusations qui ont été portées est que les partis politiques s’éloignent du peuple. Quand il y a ces événements, ils se présentent tous, pour être vus dans leur façon de travailler », souligne-t-il.

Cependant, en raison des pluies intenses qui ont provoqué des inondations au Mozambique, la route nationale numéro 1 (EN1) reste impraticable.