Guinée-Bissau : "PPG n'est pas né pour s'opposer"

Guinée-Bissau : "PPG n’est pas né pour s’opposer"

Dix jours après l’approbation de la nouvelle Constitution, une nouvelle force politique émerge en Guinée-Bissau : le Parti populaire guinéen (PPG). Le parti a été annoncé par un secrétariat ad hoc, sans indiquer de leader, à l’heure où le pays reste sous un régime de transition dirigé par le pouvoir militaire.

Le PPG sera-t-il un parti d’opposition ou une force alignée sur le régime de transition actuel ?

S’adressant à DW Afrique, le juriste Fodé Mané estime que la nouvelle formation peut servir de « plateforme » au premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, pour rester lié à la politique guinéenne.

« Apparemment, ce parti est autour du Premier ministre actuel », déclare-t-il. Le juriste attire l’attention sur les lettres de démission publiées sur les réseaux sociaux et présentées par des personnes occupant des postes proches d’Ilídio Vieira Té, prétendument pour adhérer à la nouvelle force politique.

Selon la lecture du juriste, l’émergence du PPG ne représente peut-être pas la création d’une force destinée à s’opposer, mais plutôt une stratégie personnelle de Vieira Té pour continuer à exercer une influence politique après la transition.

« En Guinée-Bissau, la politique est faite uniquement pour obtenir un ‘tacho’, un emploi dans la fonction publique », critique Fodé Mané, ajoutant que le nouveau parti « doit être une démarche personnelle d’Ilídio lui-même pour qu’il puisse continuer à exercer le pouvoir ».

Des autorités « sans acceptation populaire »

Fodé Mané attire en revanche l’attention sur le référendum sur la nouvelle Constitution qui, selon les résultats annoncés par la Commission électorale nationale, a été approuvé par 70% des votants. La nouvelle Loi fondamentale renforce les pouvoirs du président de la République, mais a été contestée par l’opposition et des secteurs de la société civile, qui ont appelé au boycott.

« Il y a eu un véritable boycott », souligne Fodé Mané. Selon lui, le soutien des électeurs à ce boycott révèle que le message politique de l’opposition et de la société civile est passé et que les autorités de transition ont beau avoir du pouvoir, elles ne bénéficient pas de l’acceptation populaire.

« Ceux qui détiennent le pouvoir savent qu’ils ont le pouvoir, mais ils ne l’acceptent pas », a résumé le juriste.