La mesure, présentée lundi (19/01) lors d’une conférence de presse, prévoit un retour à l’ancien modèle de paiement des salaires dans l’administration publique. Les enseignants et techniciens du Secteur Autonome de Bissau (SAB) et de la région de Biombo seront les premiers à recevoir leur salaire « en main ».
La ministre de l’Administration publique, Assucénia de Barros, a justifié cette décision par la nécessité d’organiser et de moraliser l’administration publique, en garantissant une plus grande rigueur dans la gestion des ressources de l’État.
« Il ne s’agit pas de persécuter ou de licencier qui que ce soit. Il s’agit de renforcer la transparence et la justice dans le secteur », a-t-il souligné.
Le gouvernement souligne des irrégularités dans le secteur de l’éducation
Selon le ministre, il existe des cas d’employés qui continuent à figurer sur les listes de paie même s’ils se trouvent à l’extérieur du pays, souvent pour des raisons de migration. Une situation que le Gouvernement juge intenable pour les finances publiques.
Le secteur de l’éducation est l’un de ceux qui pèsent le plus sur les dépenses de l’État, représentant plus de 50 % de la masse salariale. Bissau et Biombo comptent plus de cinq mille enseignants actifs, faisant de ces régions une priorité dans le nouveau processus de contrôle.
Le président du Syndicat national des enseignants (SINAPROF), Domingos de Carvalho, s’est fermement opposé à cette décision, affirmant que le paiement en personne – même le week-end – pourrait interférer avec le calendrier académique.
« Le paiement en personne prend du temps et pourrait faire perdre des jours d’école », a-t-il déclaré.
L’Association des experts en éducation de Guinée-Bissau conteste également ce modèle, soulevant des doutes sur la réelle motivation du gouvernement.
« La décision pourrait indiquer que l’Exécutif ne dispose pas de ressources suffisantes pour rémunérer l’ensemble de la Fonction Publique », a prévenu le président de l’association, Liberato Mam.
Le secteur de l’éducation connaît une instabilité
L’éducation reste l’un des secteurs les plus instables du pays, marqué par des grèves récurrentes. Plus de trois mille enseignants contractuels refusent de retourner en classe en raison de mois de salaires impayés.
Pour le leader du SINAPROF, si l’on veut contrôler la masse salariale, le gouvernement devrait appliquer la méthode à l’ensemble de l’administration publique et réduire les subventions élevées, au lieu de se concentrer uniquement sur les enseignants.
