Guinée-Bissau : la nouvelle Constitution renforce le pouvoir du président

Guinée-Bissau : la nouvelle Constitution renforce le pouvoir du président

Après tout, la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition de Guinée-Bissau ne transforme pas le Président de la République en chef du Gouvernement. La précision vient du porte-parole du Conseil, Fernando Vaz, qui reconnaît avoir commis une erreur en annonçant initialement les changements apportés à la révision spécifique de la Constitution de 1995.

Selon Vaz, le système politique reste semi-présidentiel, avec toutefois des ajustements dans la répartition des pouvoirs. Le Gouvernement continue de répondre politiquement au Président de la République et au Parlement, renforçant la soi-disant « double responsabilité politique ».

Cependant, un changement important apparaît dans la gestion de l’exécutif : le président de la République préside désormais le Conseil des ministres. Fernando Vaz explique que ce pouvoir ne s’exerce plus de manière facultative :

« Dans le passé, il y avait une disposition qui stipulait que le Président préside chaque fois qu’il le juge opportun. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Désormais, c’est le Président qui préside le Conseil des ministres. Le Premier ministre ne le fait que par délégation du Président et seulement lorsqu’il en est empêché. »

La révision constitutionnelle clarifie également la manière dont le président de la Cour suprême de justice est choisi. Le poste sera désormais pourvu par élection parmi les juges consultatifs, et non par le Parlement. Le nouveau mandat aura une durée fixe de dix ans.

Le processus de révision intervient dans un contexte dans lequel certaines parties de la Constitution ont été suspendues après le coup d’État. Fernando Vaz indique que ces lacunes ont été comblées :

« Avec le coup d’Etat, une partie de la Constitution a été suspendue, y compris le pouvoir politique local. Cette partie est remplacée par une charte de transition qui légitime les changements que nous apportons. »

Un autre changement notable est la reformulation du préambule, qui ne contient plus de références idéologiques et révolutionnaires, ni de mentions du PAIGC, le parti qui a proclamé l’indépendance en 1973. Selon Vaz, l’objectif est de garantir un texte constitutionnel « exempt et appartenant à tous les Guinéens ».