Guinée-Bissau : "La mission CPLP aurait déjà pu venir"

Guinée-Bissau : "La mission CPLP aurait déjà pu venir"

La Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) a annoncé l’envoi d’une mission de haut niveau en Guinée-Bissau, qui devrait arriver dans le pays le 18. La mission de la CPLP devrait rencontrer le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, le haut commandement militaire et la société civile.

L’objectif déclaré de la mission est de contribuer à surmonter la crise institutionnelle en Guinée-Bissau après le coup d’État de novembre, en favorisant le retour à la normalité démocratique, le respect de la Constitution et la garantie des droits de la population.

Pour le militant des droits de l’homme Gueri Gomes Lopes, il s’agit d’une visite « importante », même si elle arrive « un peu tard ».

À DW, le coordinateur de la Maison des Droits affirme que la société civile guinéenne attend essentiellement de la CPLP qu’elle contribue à « faire respecter la volonté du peuple guinéen » exprimée lors des dernières élections.

DW Afrique : Qu’attendez-vous de cette mission de la CPLP en Guinée-Bissau ?

Guéri Gomes Lopes (GGL) : Pour nous, cette visite est très importante. Cependant, nous avons déjà vu plusieurs délégations qui, après cette crise politique dans le pays, après les élections, n’ont pas réussi à réaliser ce que souhaite le peuple bissau-guinéen, c’est-à-dire faire respecter la volonté du peuple.

DW Afrique : Le gouvernement de transition guinéen a récemment regretté que la CPLP n’ait pas encore envoyé de mission dans le pays. Pensez-vous que cette mission est déjà en retard ?

GGL : Oui, ça arrive un peu tard. C’est une mission importante, mais il faut reconnaître qu’elle aurait pu avoir lieu beaucoup plus tôt. (Cela aurait pu arriver) dès les premiers instants de cette crise politique, après les élections. Cela ne s’est pas produit, nous ne savons pas pourquoi.

DW Afrique : La Guinée-Bissau a été suspendue de la CPLP et démis de la présidence de l’organisation. Cela peut, a prioriprovoque un inconfort ?

GGL : Je ne le crois pas, car toutes les organisations ont leurs règles, leurs principes et leurs valeurs. Tout pays qui ne respecterait pas ces principes risquerait d’être sanctionné. La Guinée-Bissau a manqué de respect aux principes et valeurs démocratiques. Il est donc normal qu’il soit suspendu. Il appartient cependant aux autorités actuelles, depuis le Haut Commandement, d’assumer leur responsabilité et de collaborer avec la CPLP pour revenir à la normale et permettre à la Guinée-Bissau de retrouver sa place dans l’organisation.

DW Afrique : Pensez-vous que les autorités soient disposées, par exemple, à suivre d’éventuelles recommandations qui pourraient ressortir des réunions ?

GGL : Il doit y avoir un dialogue. De mon point de vue, c’est un impératif. La Guinée-Bissau a manqué de respect aux valeurs et principes de la CPLP et a dû être sanctionnée. Maintenant, comme je l’ai dit, le rôle des autorités actuelles est de créer des espaces de dialogue et de donner le signal à la CPLP qu’elles veulent, en effet, placer la Guinée-Bissau dans une situation de normalité (constitutionnelle), permettant de régner les principes et les valeurs de l’État de droit démocratique.

DW Afrique: En parlant de dialogue, l’ambassadeur de l’Union européenne dans le pays a été expulsé de la Maison des Droits le week-end dernier par la police. Quel est l’état des lieux ? Le problème a-t-il été résolu ?

GGL : Tout est résolu. La Maison des Droits fonctionne désormais normalement. Hier, nous avons eu la remise du Prix de journalisme, en présence des ambassadeurs de l’Union européenne et du Portugal, du représentant résident de la CPLP, de l’ambassadeur du Royaume d’Espagne, d’un représentant de l’ambassade d’Afrique du Sud et d’un représentant du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), entre autres personnalités nationales et internationales. L’événement s’est déroulé tout à fait normalement. Autrement dit, on peut dire que tout est dépassé.