Les indépendantistes du nord du Mali ont revendiqué aujourd’hui le contrôle de la ville stratégique de Kidal, après une attaque surprise contre plusieurs villes visant à les soustraire au contrôle des troupes gouvernementales maliennes.
Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a annoncé l’opération dans un bref commentaire sur le compte officiel des réseaux sociaux, cité par l’agence de presse espagnole EFE. La FLA a déclaré que ses combattants se déplaçaient librement dans le centre de Kidal.
Des vidéos non vérifiées, circulant sur les réseaux sociaux liés aux indépendantistes, montrent des éléments du front avançant à travers la ville sans combats apparents.
Un porte-parole de la FLA a déclaré sur les réseaux sociaux que les forces du mouvement ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de Kidal, mais aussi de Gao, une autre ville du nord-est du pays. Il n’a pas été possible de vérifier de manière indépendante les affirmations de la FLA, selon les agences internationales.
L’armée malienne confirme ses attaques
Des groupes armés ont lancé ce matin une offensive sur plusieurs fronts contre les forces militaires maliennes dans plusieurs casernes de la capitale, Bamako, et dans d’autres régions du pays, a annoncé l’armée malienne.
« Les combats se poursuivent et nous demandons à la population de rester calme et vigilante », a déclaré l’état-major général de l’armée malienne sur les réseaux sociaux, cité par l’agence de presse espagnole Europa Press (EP). « Nos forces de défense et de sécurité travaillent actuellement à neutraliser les assaillants », a-t-il ajouté.
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a condamné ces attaques armées. Dans un communiqué publié par l’UA et cité par les agences de presse, Mahmoud Ali Youssouf a déclaré suivre « avec une profonde préoccupation les attaques signalées au Mali contre la capitale, Bamako, et contre d’autres zones urbaines du pays ».
Le chef de la Commission (secrétariat) a souligné que ces actes « mettent en danger la vie de la population civile » et a souligné le « ferme engagement » de l’UA à « promouvoir la paix, la sécurité, la bonne gouvernance et la stabilité au Mali ». Youssouf a exprimé son « entière solidarité avec le peuple malien, les forces de sécurité et les autorités nationales ».
Attaques multi-sites
Les médias locaux ont confirmé des affrontements à Bamako et dans les villes de Kati, Gao et Mopti.
A Kati, ville proche de la capitale, se trouve la résidence du chef de la junte militaire au pouvoir, le général Assimi Goita.
Un journaliste de l’agence américaine Associated Press (AP) à Bamako a entendu des tirs nourris d’armes lourdes et de fusils automatiques venant de l’aéroport international Modibo Keita, situé à une quinzaine de kilomètres du centre-ville. Il a également aperçu un hélicoptère survolant les quartiers voisins. L’aéroport est adjacent à une base aérienne utilisée par l’armée de l’air malienne.
Un habitant de Bamako qui habite à proximité de l’aéroport et a demandé à ne pas être identifié pour des raisons de sécurité a également signalé des coups de feu et la présence de trois hélicoptères en patrouille.
En 2024, un groupe lié à Al-Qaïda avait revendiqué une attaque contre l’aéroport de Bamako et un camp d’entraînement militaire de la capitale, qui avait fait des dizaines de morts.
Le Mali, avec ses voisins le Niger et le Burkina Faso, combat des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, dans un conflit qui s’est intensifié au cours de la dernière décennie.
Après des coups d’État militaires successifs, la junte des trois pays s’est détournée des alliés occidentaux et s’est tournée vers la Russie pour obtenir de l’aide dans la lutte contre les militants islamistes.
Cependant, la situation sécuritaire au Mali, au Niger et au Burkina Faso s’est aggravée ces derniers temps, selon les analystes, avec un nombre record d’attaques enregistrées.
Les forces gouvernementales ont également été accusées d’avoir tué des civils soupçonnés de collaboration avec des groupes extrémistes, a ajouté l’AP.
