Le défenseur des droits humains Osvaldo Kaholo a été arrêté en juillet 2025, en Angola, pour avoir prétendument proféré des menaces en direct sur les réseaux sociaux, dans le contexte de la manifestation contre l’augmentation des prix des taxis et du carburant, le 12 juillet.
Quelques jours plus tard, le ministère public (MP) l’a accusé de crimes d’incitation à la violence, de soutien public au crime et de rébellion. En détention provisoire depuis le 19 juillet, Caholo a déjà entamé deux grèves de la faim, pour protester contre l’interdiction de recevoir de la nourriture de sa famille et la prolongation de sa détention provisoire.
Ce mercredi (25.03), le militant sera finalement jugé devant le Tribunal provincial de Luanda. Elsa Kaholo, la sœur du détenu, est sceptique quant à la première audience : « Nous n’attendons pas grand-chose de ces tribunaux angolais car tout au long du processus, nous constatons que la justice est piétinée. »
Elsa cite des exemples de déni de justice présumé : « Les juges qui refusent des instructions contradictoires, habeas corpus refusé et demande d’assignation à résidence ou de libération conditionnelle, toutes refusées ».
Soupçons d’une « main invisible » dans la démarche
Ces situations et d’autres font croire à Cláudio Rodrigues, avocat de la défense, qu’il n’y aura pas d’issue positive pour son électeur.
« S’agissant d’un cas de nature politique, il est normal qu’il y ait des défauts dans le processus, car le processus n’est pas guidé, dès le début, comme le dit la loi, c’est pourquoi il nécessite une grande analyse. Et la probabilité qu’Osvaldo Kaholo soit acquitté est faible, mais tout est possible », dit Rodrigues.
L’avocat ne doute pas qu’il y ait une « main invisible » dans le processus, estimant qu’il s’agit « d’une affaire à caractère politique dans laquelle les juges, dans des cas de ce genre, ont les mains liées et reçoivent des ordres ».
« Et dans ce cas précis, l’ordre vient en réalité du président de la République, João Lourenço, car sans lui, il serait absent. Cependant, la probabilité de son départ sera la même ou égale au cas du « 15+2″ dans lequel il faisait partie de l’ère de l’ancien et défunt président, José Eduardo dos Santos », compare l’avocat.
