L’Angola enregistre une fois de plus des millions de kwanzas de pertes pour l’État dans un nouveau stratagème de fraude fiscale qualifié, désormais révélé par l’Administration Générale des Impôts (AGT), impliquant une entreprise contribuable et des techniciens de l’institution elle-même. La nouvelle accusation de corruption chez AGT suscite d’intenses réactions dans la société angolaise. Les avis sont partagés entre des critiques sévères à l’égard de l’institution et des lectures plus axées sur le renforcement de la justice et la lutte contre la corruption.
Le nouveau stratagème a été découvert un mois après la condamnation d’autres agents du fisc qui ont porté préjudice à l’État angolais de 13,5 milliards de kwanzas (environ 14 millions d’euros), renforçant les signes de faiblesses internes du système fiscal.
Manuel Jorge, du Département des Services Antifraude, a récemment déclaré à la presse que le cas avait été détecté grâce à des mécanismes de contrôle interne, qui ont permis d’identifier de forts signes d’implication des employés. Le montant exact n’a pas encore été déterminé, selon le responsable.
« L’entreprise est le principal suspect, mais nos collègues sont également impliqués », a-t-il déclaré.
L’affaire a déjà été transmise au Service d’investigation criminelle (SIC), qui a engagé les procédures judiciaires. L’AGT garantit qu’il y aura une responsabilisation et promet de renforcer les mécanismes de contrôle, à un moment où la pression du public pour une plus grande transparence s’accroît.
Réactions politiques et critiques de l’AGT
Cependant, les réactions face au trou dans les « caisses fiscales » ne s’arrêtent pas. Indigné par un énième cas de détournement de fonds chez l’AGT, le vice-président du Mouvement Social pour le Changement (MSM), Jones Sebastião, qualifie le scénario de grave et souligne un schéma persistant d’impunité dans la gestion des ressources publiques.
« Parler de l’AGT est un problème sérieux. L’AGT est aujourd’hui devenue un repaire de corruption. Il y a des scandales sur des scandales, des vols sur des vols, et il n’y a aucune responsabilité. »
Jones Sebastião critique le cadre pénal appliqué aux citoyens qui fraudent le trésor public. Selon lui, les « vols » à l’AGT ne cesseront pas car les sanctions n’intimident pas les contrevenants.
« Nous sommes face à un gouvernement qui n’est pas sérieux. Un gouvernement qui n’a aucune responsabilité, aucune dimension du pays qu’il dirige… Nous n’attendons rien de l’AGT. Les fonctionnaires continueront à voler, car il est plus que prouvé que le crime paie, grâce au cadre pénal accordé à ceux qui volent l’argent de l’État. »
Lectures juridiques et lutte contre la corruption
Le juriste António Cahebo présente une lecture différente, mettant en avant les efforts institutionnels pour lutter contre la corruption et le rôle de la justice. Il dit qu’il existe un nouveau paradigme en Angola.
« Ce que nous voyons, ce n’est pas une augmentation des cas, ce n’est pas une augmentation des scandales. Ce que nous voyons, c’est une augmentation des plaintes. C’est la manière dont l’administration publique se modernise, qui rend difficile la commission d’actes illégaux. Nous disposons d’un système de renseignement financier extrêmement modernisé et doté de techniciens. Cela rend en fait la vie difficile à ceux dont le principal attrait est la criminalité. »
Le juriste Agostinho Canando souligne la gravité des cas et l’impact économique et institutionnel des accusations successives. Il considère qu’il s’agit d’un problème grave, ayant un impact direct sur le pays et l’économie nationale.
« Le processus des 7 milliards, qui a déjà été mal mené, selon nous, et qui a eu un résultat qui n’était pas prévu par l’esprit législatif, est un processus. Maintenant, il faut analyser aussi les autres scandales. Nous disons qu’en moins de deux ans, l’AGT a déjà connu plus de deux ou trois scandales, impliquant toujours des techniciens de l’institution dans des détournements de fonds. »
Ces déclarations interviennent dans le contexte d’enquêtes en cours sur des stratagèmes présumés de détournement de fonds impliquant des employés de l’institution fiscale, tandis que le débat public sur la responsabilité et l’efficacité des institutions gagne à nouveau de l’ampleur.
Les techniciens de l’AGT impliqués dans le prétendu stratagème de fraude fiscale et de détournement de fonds peuvent être responsables de délits tels que la corruption, le détournement de fonds et la fraude fiscale qualifiée, punis par le Code pénal angolais avec des peines pouvant varier entre 5 et 12 ans de prison, en plus de la perte des fonctions publiques et de l’obligation de rembourser les sommes à l’État.
