Faustin Archange Touadéra a été élu Président de la République Centrafricaine dès le premier tour de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, avec 76,15% des voix. Les résultats provisoires ont été publiés ce lundi (05.01) par l’autorité électorale.
La victoire a été accueillie avec joie au siège du Mouvement des Cœurs Unis (MCU), le parti au pouvoir. Le Président n’a pas caché sa satisfaction : « Je voudrais remercier le peuple, qui a démontré sa maturité, son engagement et sa détermination pour la démocratie. Consolidation démocratique à travers l’organisation de quatre tours. Qui aurait pensé que cela pourrait être organisé de cette manière ? ».
Environ 2,4 millions d’électeurs étaient inscrits pour voter lors de ces élections sans précédent dans le pays, où les citoyens ont voté simultanément pour tous les niveaux de gouvernement, y compris les postes présidentiels, législatifs, régionaux et municipaux.
Concours d’opposition
Anicet-Georges Dologuélé, qui a obtenu 14,66% des voix, dit ne pas reconnaître les chiffres présentés. L’ancien Premier ministre a dénoncé des irrégularités et s’est lui aussi proclamé vainqueur.
« Comme je l’ai dit, je n’ai pas besoin de reconnaître les résultats de quelqu’un qui n’a pas gagné. Je reconnais les résultats qui me proclameront vainqueur », a-t-il déclaré.
L’ancien Premier ministre Henri Marie Dondra, officiellement arrivé en troisième position, avec environ 3% des voix, souligne également qu’il y a eu des cas d’irrégularités présumées de la part de l’Autorité électorale nationale et de fraudes généralisées. Et demande l’annulation du vote.
« Il est important de mentionner que nos représentants n’ont pas eu accès aux bureaux de vote. Ce constat est valable aussi bien à Bangui qu’à l’intérieur du pays. Tout cela s’est traduit par l’absence des représentants, l’augmentation induite du nombre de bureaux de vote et des procès-verbaux avec des résultats précoces. Le parti UNIR réclame l’annulation de ce scrutin ».
La Cour constitutionnelle a jusqu’au 20 janvier pour se prononcer sur les recours et annoncer les résultats définitifs.
Boycott de l’opposition
Les élections présidentielles ont été marquées par un boycott de la principale coalition d’opposition, à la suite d’un référendum constitutionnel en 2023 qui a supprimé les limites de mandat, prolongé le mandat présidentiel à sept ans et interdit aux citoyens ayant une double nationalité de se présenter à la présidence.
Sécurité dans le pays
La sécurité a été un thème central du mandat et de la campagne de Touadera. Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président s’appuie sur des mercenaires russes et des soldats rwandais pour soutenir l’armée dans sa lutte contre les différents groupes armés.
Également au cours de la campagne électorale de cette année, des mercenaires ont été déployés pour travailler aux côtés de la police et de l’armée dans les rues de la capitale, Bangui.
