Rangel considère "assez sérieux" il y a des détenus à Bissau

Rangel considère "assez sérieux" il y a des détenus à Bissau

Le ministre portugais des Affaires étrangères exprime son inquiétude face à la situation politique en Guinée-Bissau, après le coup d’État du 23 novembre 2025.

Paulo Rangel, qui s’exprimait ce mardi (20.01) devant la Commission parlementaire des Affaires étrangères et des Communautés portugaises, a déclaré qu’il ne connaissait pas encore le contenu de la prétendue nouvelle Constitution approuvée par les militaires.

Il a toutefois ajouté qu’il considérait « très grave » que le leader du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingos Simões Pereira, soit toujours détenu. « Parce que cela aggrave tout ce qui était déjà mauvais », a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie portugaise a révélé qu’il se rendrait prochainement au siège de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour discuter de la situation en Guinée-Bissau.

« Indépendamment des démarches au sein de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), je me rendrai également très prochainement au siège de la CEDEAO, à Abuja (Nigéria), précisément pour que le Portugal puisse avoir ici une action directe avec la CEDEAO, qui a ici un rôle qui pourrait également être différent. Mais nous aurons ce dialogue direct en plus des consultations que nous menons », a-t-il annoncé.

« Il n’y a rien à dire » sur le jet privé

Lors de la séance parlementaire de ce mardi, le cas du jet privé, en provenance de Bissau, où la Police Judiciaire (PJ) a saisi 5 millions d’euros, n’a pas été évoqué. L’avion aurait été autorisé par les autorités portugaises à atterrir à l’aéroport militaire Figo Maduro avec la qualification de « vol d’État ».

Contacté par des journalistes, quelques jours avant cette audience, Paulo Rangel a répondu : « Non. Il n’y a rien à dire là-dessus. Ce n’est pas une question qui concerne les Affaires étrangères. »

Le ministère portugais des Affaires étrangères a justifié, dans une note officielle, que la qualification de « vol d’État » était due au fait qu’à bord du jet privé voyageait une « épouse d’un chef d’État » qui, à ce titre, a droit « à un traitement protocolaire au même niveau que le chef de l’État ».

Le ministre Paulo Rangel sera entendu sur ce cas lors d’une autre séance de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et des Communautés portugaises, à la demande de trois partis d’opposition.

Les citoyens guinéens demandent des explications au Portugal

Dans une lettre ouverte adressée lundi à l’Assemblée de la République portugaise, le mouvement des citoyens guinéens Firkidja Di Pubis demande à l’État portugais plus d’explications sur la classification et l’autorisation du « vol d’État » susmentionné.

« Nos exigences de l’État portugais sont qu’il clarifie les circonstances qui ont conduit à la classification de ce vol comme vol d’État. Parce que, à notre avis, cette classification indique la complicité de l’État portugais avec le régime putschiste installé au pouvoir en Guinée-Bissau, sachant que ce régime est sous le commandement d’Umaro Sissoco Embaló », a confirmé Sumaila Djaló, en parlant à DW.

L’avocat guinéen Gabriel Umabano dit avoir de l’espoir dans l’enquête de la PJ portugaise : « Nous espérons que justice sera rendue dans cette affaire et que ceux qui sont réellement impliqués dans cette pratique criminelle pourront payer pour leurs crimes et, entre autres conséquences, perdre ces avoirs selon les termes généraux de la loi. »

L’avocat espère que cette affaire « servit d’exemple » contre le « pillage » du peuple bissau-guinéen.