PAIGC : "Le soutien à Fernando Dias était une décision légitime"

PAIGC : "Le soutien à Fernando Dias était une décision légitime"

Un groupe de dirigeants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), qui fait partie de l’actuel gouvernement d’initiative présidentielle, a invité hier le président du parti, Domingos Simões Pereira, à se retirer de la direction.

Le principal différend concerne la manière dont la direction du PAIGC a décidé de soutenir la candidature de Fernando Dias da Costa à la présidence de la Guinée-Bissau, candidat appartenant au Parti du renouveau social (PRS).

Pour la première fois dans l’histoire du pays, le PAIGC historique est exclu des élections présidentielles, après que la Cour suprême de justice a rejeté la candidature de Domingos Simões Pereira. La coalition PAI-Terra Ranka, dirigée par le PAIGC et vainqueur des élections législatives de juin 2023, a également été exclue des élections législatives, qui se déroulent simultanément aux présidentielles, le 23 novembre.

Le groupe protestataire considère que le parti traverse un moment de catastrophe et impute cette situation à Domingos Simões Pereira.

Comment Domingos Simões Pereira et le PAIGC réagissent-ils à ces critiques ? DW Afrique a tenté de contacter le président du PAIGC, qui fait campagne à Bissau, après un long séjour au Portugal. Domingos Simões Pereira n’a pas répondu. Son porte-parole, Muniro Conté, a toutefois accepté de parler à la DW des critiques internes adressées au chef du parti.

DW Afrique : En tant que porte-parole du PAIGC, comment réagit le parti aux critiques de ce groupe de protestation, qui a explicitement appelé hier au retrait de Domingos Simões Pereira ?

Muniro Conté (MC) : On ne peut pas parler d’un groupe contestant la direction du PAIGC, car cette question du soutien à la candidature présidentielle a été soumise trois ou quatre fois aux instances du parti. La dernière décision du Comité central a autorisé le parti à négocier la candidature de Fernando Dias da Costa.

DW Afrique : Lorsque la direction du PAIGC a décidé de soutenir Fernando Dias da Costa, était-ce dans son droit légitime ?

MC : Selon les statuts du PAIGC, le soutien à un candidat relève de la responsabilité du Comité central, conformément à l’article 33. Il s’agit d’une décision stratégique. Si l’on considère que soutenir un candidat est une stratégie de parti, quel est le problème de soutenir Fernando Dias da Costa ?

DW Afrique : Les membres du PAIGC qui réclament désormais la destitution du président du parti ont décidé, contre la volonté du PAIGC, de rejoindre l’actuel gouvernement d’initiative présidentielle, dirigé par Umaro Sissoco Embaló. Comment commentez-vous?

MC : Ces dirigeants sont dans une situation d’incompatibilité. Ils sont en conflit avec les statuts du parti depuis plus de deux ans. Ils n’ont pas été nommés par le PAIGC pour rejoindre ce gouvernement. Lorsque l’exécutif dirigé par Geraldo Martins a été démis en 2023, le PAIGC, dans le cadre de la coalition PAI-Terra Ranka, a déclaré qu’il ne reconnaissait pas le nouveau gouvernement. On ne sait pas clairement s’ils soutiennent le PAIGC ou défendent le régime.

DW Afrique : Une autre polémique concerne João Bernardo Vieira, qui a annoncé sa candidature face à Domingos Simões Pereira. Quelle est votre position ?

MC : João Bernardo Vieira est chef de parti, membre du Bureau politique et du Comité central. Il a exprimé son intérêt pour participer aux primaires internes, mais n’a pas présenté les documents requis. Plus tard, il a annoncé qu’il se présenterait comme candidat indépendant, avec le soutien d’un autre parti. Nous ne voyons aucune raison pour que cette affaire suscite une controverse.

DW Afrique : En pleine campagne électorale, le PAIGC ne devrait-il pas s’unir au lieu de se diviser ?

MC : Si ces camarades sont réellement du PAIGC, ils devraient participer à la campagne de soutien à Fernando Dias da Costa, et non aux réunions avec des plateformes concurrentes. Nous avons des photographies qui montrent le Dr Carlos Pinto Pereira et l’Ing. José Carlos Esteves lors d’événements d’autres formations politiques, qui ne sont pas alignées sur le PAIGC.