Aux quatre coins de la province, on parle des licenciements massifs du maire de Quelimane, au cours de la première semaine de 2026. Au total, 37 employés du conseil municipal ont été démis de leurs fonctions, notamment au conseil des finances et du trésor,
À DW, Manuel de Araújo explique pourquoi il l’a fait : « ‘Nouvelle année, nouveaux pantalons’, telle est notre devise », commente le maire.
« Nous allons restructurer notre machine pour l’adapter au moment que nous traversons, en la reconfigurant, pour que nous puissions survivre. La ville est confrontée à des défis, des défis de développement social et économique. »
Critique d’Araújo
Manuel de Araújo a été critiqué pour ces licenciements massifs, jugés excessifs. Mais le maire a également été la cible de plaintes pour d’autres raisons.
De nombreux habitants lui reprochent d’avoir laissé Quelimane à son sort, sans eau potable, avec des routes défoncées et des détritus sur les routes. Le maire répond que plusieurs facteurs ont contribué à cette situation, notamment des élections mouvementées et des catastrophes naturelles, mais il promet désormais des jours meilleurs aux habitants.
« Il faut reconnaître que 2025 a été une année difficile, mais nous sommes là, nous sommes sur le terrain, nous écoutons les doléances des citoyens », affirme-t-il. « Nous avons recueilli des opinions et travaillons pour répondre aux attentes qu’elles ont créées. Nous avons eu des défis encore plus graves que ceux-là et nous avons réussi à les surmonter. »
La RENAMO se démarque des licenciements
Le licenciement massif de 37 salariés, d’un seul coup, constitue un record : jusqu’à présent, seuls un ou deux salariés étaient licenciés d’un coup.
Manuel de Araújo dirige le conseil nommé par la Résistance nationale mozambicaine (RENAMO), mais nie toute influence politique sur la décision. Le parti se distancie des exonérations.
La ville de Quelimane est l’une des rares communes du pays gérées par la RENAMO. Il est constamment sous le feu des projecteurs de l’opinion publique et fait face à d’énormes difficultés structurelles, contrairement à d’autres comme Alto Molocué et Chiuri, au nord du Mozambique, explique le politologue Laurindo Verde.
« Ces derniers temps, la municipalité de Quelimane a connu des problèmes majeurs liés à des caractéristiques de mauvaise gestion, et cela peut être dû à des facteurs politiques », estime Verde.
La RENAMO connaît un environnement défavorable, « de perte de contrôle », ajoute l’analyste. « Nous savons que la municipalité de Quelimane est mixte et, à cause de cela, il pourrait y avoir des sabotages, car c’est un diamant et il représente un objectif important pour le gouvernement en place », soupçonne-t-il.
