Deux incendies ont été enregistrés au marché de Bandi, en Guinée-Bissau, en quelques semaines. Les câbles improvisés, la surcharge du réseau électrique et les connexions sans conditions techniques adéquates sont parmi les principales causes évoquées. Pour de nombreux commerçants, les incendies récurrents sont le reflet d’un problème ancien qui perdure sans solution définitive.
Ils ont subi des pertes importantes. L’incendie a détruit des biens et causé des dégâts, affectant directement les revenus de dizaines de familles. Le secrétaire général de l’Association des consommateurs de biens et services de Guinée-Bissau (ACOBES), Bambo Sanhá, affirme que l’incendie était prévisible et aurait pu être évité, car les alertes sur les risques ne sont pas récentes.
« Nous savons tous que le marché de Bandim présente des risques depuis longtemps », dit-il.
Conscience
Pour Sanha. « Ce sont des accidents qui auraient pu être évités il y a de nombreuses années s’il y avait eu une intervention à cet égard. » Et le secrétaire général de l’ACOBES rappelle que « cela s’est déjà produit sur les marchés de Gabú, de Bafatá et aussi sur le marché de Bandim lui-même ».
Bambo Sanhá estime également qu’il est nécessaire de créer les conditions permettant aux consommateurs d’avoir accès à l’électricité à des prix plus abordables, réduisant ainsi le recours aux branchements illégaux.
« Il est essentiel de sensibiliser le public aux risques d’une mauvaise installation électrique. Mais il est également important d’actualiser les tarifs. La réduction du prix de l’énergie contribuera à réduire les branchements illégaux, qui nuisent clairement aux performances du secteur énergétique », affirme-t-il.
Risque déjà connu
Le gouvernement de transition reconnaît que les installations électriques du marché de Bandim représentent un risque permanent et admet que le pays continue de faire face à des difficultés dans la surveillance des infrastructures électriques et dans la lutte contre le vol d’énergie.
En réponse, l’Exécutif a annoncé une opération nationale déjà en cours, visant à identifier et éliminer les branchements illégaux, à renforcer la surveillance du marché et à améliorer la sécurité des infrastructures électriques.
S’adressant à la presse, lors d’une visite sur les lieux du dernier incendie, le maire de Bissau, Umaro Baldé, a expliqué que la municipalité travaille déjà en coordination avec la Société d’électricité et d’eau de Guinée-Bissau (EAGB), chargée de remplacer le réseau électrique installé sur le marché.
Et il précise que « le Gouvernement a créé une commission à cet effet. Les travaux sont coordonnés par l’EAGB sur le marché pour modifier l’installation électrique afin, en fait, de prévenir les incendies ».
Umaro Baldé garantit : « Nous travaillons vite, car il est clair qu’il faut revoir toutes les installations du marché, car elles ont été construites de manière précaire ».
Les défis
La situation sur le marché de Bandim reflète des défis plus larges dans le secteur énergétique national. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, la Guinée-Bissau continue de faire face à des difficultés liées à la production, à la distribution et à la commercialisation de l’énergie.
Même si le pays produit une certaine électricité, principalement à travers des centrales thermiques et des projets d’énergies renouvelables en cours de développement, une part importante provient du réseau régional de l’Organisation pour la valorisation du fleuve Gambie (OMVG).
Pourtant, les défis liés à la distribution, aux pertes commerciales et aux connexions clandestines au réseau persistent.
Appels à la population
Selon les données de la Société d’électricité et d’eau de Guinée-Bissau (EAGB), plus de la moitié de l’énergie ne génère pas de revenus en raison de la consommation illégale et d’autres pertes enregistrées dans le système. La situation limite la capacité d’investissement de l’entreprise pour étendre et moderniser le réseau électrique, ainsi que pour améliorer la qualité du service fourni à la population.
Le directeur général de l’EAGB, Carlos Alberto Handem, lance un appel à la population : « Nous demandons à la population de se rapprocher de l’EAGB pour conclure ses contrats ».
Et en guise d’encouragement, il rappelle : « Nous avons déjà baissé le prix des contrats d’électricité et d’eau pour permettre à davantage de personnes de régulariser leur situation. Cela nous aidera à identifier les clients qui ont effectivement un contrat avec l’entreprise. »
La Guinée-Bissau prépare la mise en œuvre de sa politique énergétique nationale pour la période 2025-2035. Grâce à cette stratégie, les autorités espèrent accroître l’accès à l’électricité, réduire les pertes du réseau et renforcer la sécurité énergétique du pays dans les années à venir.
