"Les frictions ne contribuent pas à la démocratisation du MPLA"

"Les frictions ne contribuent pas à la démocratisation du MPLA"

En Angola, le parti au pouvoir a annulé la candidature d’Higino Carneiro à la direction de la formation. Le MPLA dénonce des irrégularités dans le processus, telles que des signatures falsifiées, et promet de porter l’affaire devant les instances judiciaires internes, évoquant même la responsabilité pénale. Mais l’équipe du général ne laissera pas cela passer inaperçu et promet de contester cette décision.

S’adressant à DW, le militant João Malavidele regrette cette décision qui, selon lui, ne le surprend pas. Malavidele affirme également que les frictions au sein du MPLA « n’aident pas à la démocratisation du parti lui-même » et « sèment de mauvaises graines sur la situation du pays lui-même ».

DW Afrique : Ce revers des actions de Carneiro est-il surprenant ?

João Malavidele (JM): C’est une décision qui ne me surprend pas. Quiconque est angolais connaît et connaît la réalité, notamment celle du parti au pouvoir. La question de la pluralité des candidats a toujours été un problème majeur, depuis l’époque de José Eduardo dos Santos. Je crois que ce ne sera pas maintenant, dans cette période de 2027, que cela se produira.

DW Afrique: Le MPLA affirme qu’il portera les allégations d’irrégularités dans la candidature de Carneiro devant les instances judiciaires du parti et parle même de responsabilité pénale. Le MPLA démontre-t-il une persécution du candidat ou s’agit-il d’une simple volonté de respecter le règlement intérieur ?

JM : Je trouve que c’est vraiment dommage car nous parlons de quelqu’un qui est une figure de proue du parti. Et je pense que les élections au niveau d’un parti devraient être, disons, un parti. Mais malheureusement, les élections du MPLA ces derniers temps, quand il y a cette expression de volonté de la part de personnes qui veulent aussi diriger le parti, il y a eu des frictions qui n’aident pas à la démocratisation du parti lui-même – mais qui sèment aussi de mauvaises graines dans la situation du pays lui-même, par rapport au processus de démocratisation des institutions.

DW Afrique : L’équipe de Higino Carneiro a déjà annoncé qu’elle contesterait la décision. C’est une perte de temps, si l’on considère que le MPLA dirigé par João Lourenço Avez-vous le couteau et le fromage à la main ?

JM : Eh bien, je ne dirais pas que c’est une perte de temps. Il est normal que toute personne en mesure, en l’occurrence les représentants ou le personnel lié à la candidature, ait recours aux mécanismes légaux pour pouvoir, pour ainsi dire, contester cette décision. Maintenant, c’est quelque chose qui sera enregistré. Une jurisprudence est également en train d’être développée en ce qui concerne ce processus. Il faut également qu’il y ait une certaine rapidité dans ce processus de contestation et nous devons également espérer qu’il y aura une certaine sensibilité, notamment de la part des institutions internes du parti.

Annulation de la candidature

Selon l’agence Lusa, selon le responsable de la sous-commission de candidature au IXe congrès du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir), la commission a découvert l’existence de faux documents et signatures qui ont empêché la validation de la candidature d’Higino Carneiro.

Selon Job Capapinha, Higino Carneiro a soumis sa candidature le 25 juin, son agent déclarant à l’époque que la documentation contenait 19 158 formulaires d’abonnement répartis dans 152 dossiers.

Dans une vidéo dans laquelle il s’adresse aux journalistes angolais, il a déclaré que la sous-commission avait analysé et vérifié qu’il n’y avait que 14.493 formulaires d’abonnement, c’est-à-dire des signatures appuyant la candidature.

« La sous-commission a ensuite procédé à l’analyse et à la vérification de la conformité des documents reçus à l’appui de la candidature en question, après avoir confirmé de graves irrégularités sous réserve d’évaluation et de décision des organes et organisations compétents du parti », a-t-il déclaré.

Il s’agit, a-t-il indiqué, de signatures de « militants présumés » qui ne sont pas régulièrement inscrits au CAP (Comité d’action du Parti) du MPLA, de citoyens abonnés dont les cartes ont été abandonnées au sein du parti, mais qui apparaissent avec des dates d’émission récentes, et de listes d’abonnés signées par une seule personne au nom de plusieurs autres militants présumés et de fausses cartes d’identité, « dûment prouvées par les organismes compétents ».

La sous-commission des candidatures a constaté que parmi les 14.493 formulaires de souscription comptabilisés et confirmés, 2.561 étaient valides, correspondant à 17,6%, 9.659 n’étaient pas valides, correspondant à 66,6%, et 2.273 étaient faux, correspondant à 15,6%.

« La sous-commission, compte tenu de la gravité des faits passibles de responsabilité pénale, soumettra le processus de candidature aux instances compétentes du parti pour traitement approprié », a-t-il indiqué.