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Le référendum constitutionnel relance le débat en Guinée-Bissau

Selon le décret présidentiel, basé sur la lettre de transition et la « loi référendaire » récemment approuvée, la consultation populaire vise à obtenir une position des citoyens sur leur accord ou non avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution de la République approuvée par le Conseil national de transition (CNT).

Mais le débat sur la révision de la « loi magna » guinéenne n’est pas nouveau. Avant et après que la CNT, l’organisme issu du coup d’État de l’année dernière, ait approuvé l’instrument, plusieurs voix se sont élevées contre la décision, remettant en question les procédures et la légalité des changements à la Constitution.

Abulai Djaura, président du Réseau national des associations de jeunesse (RENAJ) et membre du Conseil national de transition, considère normale la révision constitutionnelle effectuée par cet organe. Il affirme que l’évolution démocratique et la situation politique actuelle nécessitent une nouvelle Constitution de la République.

« D’une part (la révision constitutionnelle) vise à ajuster les normes juridiques avec l’évolution sociale et politique que connaît le pays. D’autre part, il fallait aussi essayer de dissiper certains malentendus qui, souvent, donnent lieu à des interprétations qui provoquent des chocs dans la relation entre le président de l’Assemblée, le Gouvernement et l’Assemblée Populaire Nationale (ANP) », a-t-il expliqué à DW.

« Totalement contradictoire »

Concernant le débat, des juristes connus du pays, contactés par DW, préfèrent garder le silence, bien qu’ils ne soient pas d’accord avec la nouvelle Constitution.

Le politologue Ernesto Cabral Júnior insiste sur l’illégalité de la CNT et des décisions qu’elle a prises. « Comment un groupe de personnes s’attaque-t-il à la révision constitutionnelle d’un pays à l’heure de l’institutionnalisation ? C’est totalement contradictoire. Le moment que vit la Guinée-Bissau, qui est l’inconstitutionnalité, n’est pas propice à la révision de la Constitution », souligne-t-il.

Abulai Djaura, membre du Conseil national de transition, comprend les critiques sur l’approbation de la Constitution et soutient qu’il faudrait lancer des « séances de clarification » sur les raisons de l’approbation de la loi magna.

« Les entités qui ont promu cette révision (constitutionnelle) doivent également avoir la capacité de mieux situer la population de Guinée-Bissau, afin qu’elle puisse en comprendre les raisons. Nous n’acceptons pas toujours tout changement immédiatement, mais le temps finit par juger et montrer les gains que le changement apporte à la société », a-t-il déclaré.

Les pouvoirs du président renforcés

Bien que les points modifiés ne soient pas de notoriété publique, la nouvelle Constitution guinéenne renforce les pouvoirs du Président de la République, réduit ceux du Parlement, qui, selon l’instrument, s’appellera uniquement Assemblée nationale, au lieu de l’Assemblée nationale populaire (ANP), la nomenclature actuelle.

Pour le politologue Ernesto Cabral Júnior, l’orientation du pays devrait désormais être différente. L’important, affirme-t-il, « est de se concentrer, de manière honnête et transparente, sur l’organisation d’élections crédibles et transparentes, afin que nous ayons un gouvernement et un président démocratiquement élus. À partir de là, nous pourrons commencer à réaliser des études pour voir si nous pouvons passer à une révision constitutionnelle ».

Selon le président de la transition, Horta Inta-a, le référendum constitutionnel se déroulera au « suffrage universel, direct, secret et personnel », les citoyens ayant la possibilité de voter oui ou non à la nouvelle « loi magna » guinéenne.