Des militants rémunérés ? Rapports d'opportunisme en Angola

Des militants rémunérés ? Rapports d’opportunisme en Angola

Le chercheur angolais Claúdio Fortuna explique que les rapports sur les bénéfices du militantisme en Angola ne sont pas nouveaux et que les cas deviennent plus fréquents pendant les périodes électorales.

Et qui corrompt les militants angolais ? « Il n’y a pas que le parti au pouvoir. Les partis d’opposition utilisent aussi ces militants comme cobayes pour faire entendre leur voix dans la logique d’une certaine légitimité populaire », répond l’universitaire.

« Si la société discréditait les militants avec ce type de discours, ils auraient à moitié affaibli la cause de la lutte pour un pays plus juste et plus égalitaire », ajoute-t-il.

Le politologue Eurico Gonçalves considère également que l’activité civique doit être exercée par des citoyens réputés. « Le militant responsable vit de l’indépendance morale de la transparence et de la confiance des citoyens », dit-il.

Code d’éthique et de responsabilité

Que faut-il faire pour que les citoyens aient confiance dans les militants ? Claúdio Fortuna suggère que « la société doit faire preuve de maturité, dénoncer et discréditer ce type de pratiques rendues possibles par ces personnes ».

Eurico Gonçalves souligne le respect de principes et de règles pour éviter l’opportunisme dans l’activisme angolais : « La solution implique un code d’éthique, de responsabilité, d’éducation civique et une culture d’intégrité ».

João Malavidele, de l’ONG OMUNGA, appelle à la réflexion : « Cela m’amène à inviter tous les militants et la société en général à réfléchir sur les concepts et principes qui doivent guider les actions d’un militant, quel que soit son domaine d’activité. »

Avec le Printemps arabe en Afrique du Nord, l’Angola a commencé à enregistrer l’émergence exponentielle de militants à travers le pays pour protester contre la gouvernance de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos.

João Malavindele décrit quel devrait être le profil d’un défenseur des droits de l’homme : « Un activiste qui utilise l’activisme pour se servir met en danger sa dignité et sa cause. La défense du bien commun doit être l’itinéraire de quiconque s’affirme comme activiste », conclut-il.