La 30e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) a officiellement débuté ce lundi (10) à Belém, au Brésil. Pour la première fois, la réunion mondiale sur le climat se déroule sur le territoire brésilien, et au cœur de l’Amazonie. Des représentants d’environ 170 pays participent à l’événement, qui se déroule jusqu’au 21 novembre, dans le but d’accélérer les engagements concrets pour stopper le réchauffement climatique.
En Angola, l’impact du changement climatique est déjà visible, prévient Vladimir Russo, directeur exécutif de la Fondation Kissama. Dans une interview accordée à DW, l’écologiste a déclaré que le pays est confronté à des changements dans les régimes de précipitations et à une augmentation progressive des températures, notamment dans le sud, qui affectent les forêts, la biodiversité et la vie des populations.
Pour lui, la COP30 doit traduire les discussions en actions concrètes, notamment en matière de financement climatique, de protection des forêts tropicales et de transfert effectif des ressources promises lors des conférences précédentes.
Russo a également défendu une plus grande coopération entre les pays africains lusophones, qui partagent des vulnérabilités similaires aux phénomènes climatiques extrêmes.
DW Afrique : L’Angola est-il un pays particulièrement exposé aux effets du changement climatique ?
Vladimir Russo (VR) : Si l’on regarde les rapports du GIEC et les rapports de recherche réalisés en Afrique australe et aussi en Angola, on peut constater qu’il y a certains effets sur nos ressources en eau, sur nos forêts, sur des aspects liés aux précipitations, notamment dans le sud du pays, et sur la légère augmentation des températures.
DW Afrique : Est-il possible de présenter des données concrètes sur l’augmentation des températures moyennes en Angola ces dernières années ?
VR: Il n’est pas possible de présenter des données concrètes car, en fait, nous devons continuer à réaliser des études, mais il est possible d’identifier certaines nuances dans le temps, dans les schémas climatiques, que nous n’avions pas il y a 20 ans. C’est donc une préoccupation non seulement pour le gouvernement angolais, mais aussi pour les associations qui travaillent à la défense de l’environnement et de la biodiversité et qui constatent une augmentation de certains phénomènes ayant un impact sur la population et la faune.
DW Afrique : En regardant l’Angola vers cette COP 30, quelle serait la bonne position lors de cette COP 30 ?
VR: Entre les COP, il y a des discussions sur divers éléments, certaines questions anciennes, d’autres plus récentes, comme les dommages et les réparations, et certaines plus anciennes sur le financement climatique. Les attentes sont donc toujours élevées, non seulement dans les discussions, mais aussi dans les résultats des résolutions de la COP.
Cette année, évidemment, les questions liées au financement climatique et à la protection des forêts tropicales, les forêts que nous avons également en Angola, les négociations qui auront lieu sur le contrôle de la déforestation et la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont également un autre aspect important. Et la présentation de nouveaux projets de préservation de la biodiversité, notamment des technologies de surveillance environnementale.
Nous comprenons comment, en fait, grâce à ces technologies, nous comprenons, je ne dirais pas en temps réel, mais dans un court laps de temps, quels impacts se produisent.
Nous disposons d’un satellite et nous espérons que ce satellite pourra contribuer à une meilleure compréhension des effets climatiques en Angola.
Et puis, le plus grand engagement des pays concernés par rapport à cette question déjà ancienne, qu’est le transfert de ressources et le respect des accords antérieurs, qui ont été discutés lors des COP précédentes, pour que cela soit effectivement mis en œuvre.
Voilà donc les principales actions qui auront lieu et que nous aimerions voir avec des résultats concrets.
DW Afrique : Avez-vous une perspective sur ce qui se passe dans les autres pays PALOP ?
VR: Oui. Nous travaillons en partenariat avec plusieurs projets, notamment, je fais référence ici, au Mozambique mais aussi à São Tomé et au Cap-Vert. Ce sont les pays avec lesquels nous avons le plus de relations du point de vue des nouvelles actions que nous y menons et nous constatons qu’en fait il y a des perspectives très similaires.
Bien sûr, si l’on regarde le Mozambique, c’est un pays beaucoup plus touché par les phénomènes météorologiques extrêmes et nous avons réparé des phénomènes qui ont un impact sur les infrastructures, avec des pertes incalculables du point de vue des infrastructures et des vies humaines, et qui amènent également la pauvreté des populations.
Nous avons le cas particulier d’une petite île, qui est São Tomé et Príncipe, qui a aussi des impacts, et le Cap-Vert, qui a fait des efforts de modernisation. On n’y trouve pas le même type de forêt que l’Angola et le Mozambique, mais d’autres processus peuvent contribuer à atténuer le changement climatique.
Tous ces pays avec lesquels nous travaillons ont eu un impact significatif sur le changement climatique.
