Affaire Albinos : la Commission d’éthique devrait bientôt faire une déclaration

Affaire Albinos : la Commission d’éthique devrait bientôt faire une déclaration

Future Technologies of Mozambique, qui a des liens avec Roberto Albino, a remporté cette année un énorme appel d’offres d’une valeur de 130 millions de meticais (plus de 1,7 million d’euros), dans le cadre d’un appel d’offres public visant à fournir des services de numérisation pour les chaînes de valeur du coton, des oléagineux et des cultures vivrières, même sans expertise.

La constitution de l’entreprise peu avant le concours renforce les soupçons de trafic d’influence. Cependant, Albino reste au pouvoir et le ministère public, qui a déjà le dossier en main, n’a pas encore commenté.

Concernant l’autre scandale impliquant Albino, celui de l’exploitation forestière illégale, la présidente de la Commission centrale d’éthique publique (CCEP), Esperança Nhangumbe, déclare dans une interview à DW qu’il n’est pas encore sous la loupe de l’institution.

DW Africa : À quel stade en est le processus d’appel d’offres public ?

Esperança Nhangumbe (EN): La Commission Centrale d’Éthique Publique, lorsqu’elle en a eu connaissance, a pris l’initiative ou pris l’initiative de demander au Bureau Central de Lutte contre la Sécurité (GCCC) de nous fournir les informations dont il disposait afin que le CCEP puisse commencer ses travaux. Parallèlement, le Centre pour l’intégrité publique (CIP), qui a déposé la plainte publique, leur a demandé de nous fournir les informations dont ils disposaient afin que le comité d’éthique puisse également évaluer l’existence ou non de conflits d’intérêts. Et le CIP a répondu positivement en envoyant de la documentation, notamment des vidéos, qui ont également été diffusées sur les réseaux sociaux et dans certains autres médias. Par conséquent, CCEP prépare une documentation pour produire prochainement des informations sur l’existence ou non du conflit d’intérêts.

DW Afrique : Et l’autre scandale de l’exploitation forestière illégale, qui impliquerait également le fonctionnaire Roberto Albino, est-il sous votre loupe ?

FR: Concernant le deuxième cas, celui de l’exploitation illégale du bois à Chemba, la Commission centrale d’éthique publique n’a pas encore procédé à une analyse approfondie du dossier. Nous avons pris conscience, à travers les médias et les réseaux sociaux, qu’il y avait un conflit à ce sujet, que le bois était récolté illégalement, sans permis. Et lorsque cette entreprise a été condamnée à une amende, ils ont contesté la décision et ont imputé la responsabilité au ministre lui-même. Nous l’avons analysé en profondeur, voulant savoir qui a effectivement accordé ces licences, il semble que ces licences devraient être délivrées par la Direction Nationale des Forêts, qui est en charge de l’environnement des terres environnementales, si la loi n’a pas changé.

Donc, de ce point de vue, nous sommes toujours en train de faire une analyse, afin de vérifier s’il y a ou non un conflit d’intérêts dû au fait qu’il s’agit d’un ministre qui exploite ce bois, sans regarder la composante pénale, sans regarder la composante de violation de la loi, car dans ces cas de violation de la loi, il y a des institutions spécifiques qui s’occupent de cette question, qui sont les tribunaux ou les parquets respectifs, selon la nature du cas.

Notre objectif est de vérifier s’il existe ou non un conflit d’intérêts dans ce processus d’exploitation forestière illégale. Nous sommes encore en étude, donc nous n’avons pas encore pris de décision à ce sujet, comme je l’ai dit, ce n’est pas un cas qui nous a été soumis directement, comme l’autre, nous avons également pris l’initiative de nous rapprocher de l’entité.

DW Africa : S’ils confirment des écarts par rapport à la norme et à la légalité, quelles mesures prendraient-ils finalement ? Des recommandations ?

FR: En fait, ce n’est pas une recommandation, c’est une délibération. Nous évaluons s’il y a ou non un conflit d’intérêts et décidons qu’il y en a. Ainsi, la conséquence de l’existence de ce conflit d’intérêts, s’il y a un crime ou quelque chose comme ça, alors, nous renvoyons nos délibérations lorsqu’il y a un conflit d’intérêts au Bureau Central Anti-Corruption, pour donner le suivi approprié à l’entité concernée. Nous apprécions simplement s’il existe ou non un conflit d’intérêts. C’est la nature de notre institution, qui n’engage pas de poursuites, car cette compétence appartient aux tribunaux ou aux procureurs.