C’est ce dimanche (30.08) que les Guinéens sont appelés à exprimer leur avis, par référendum, sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. Face aux différents appels au boycott, des doutes persistent quant à la transparence et à la crédibilité du processus, notamment en matière de contrôle indépendant.
Dans une interview accordée à DW Africa, Sabino Gomes Júnior, de Pacto Social, critique le fait que le Conseil National de Transition (CNT), chargé d’approuver la proposition constitutionnelle, assume également un rôle central dans le contrôle et la surveillance du référendum. Pour le leader, cette concentration des pouvoirs compromet la confiance des Guinéens dans le processus et ne garantit pas que la volonté populaire sera respectée.
Sabino Gomes Júnior estime également que l’éventuelle approbation de la Constitution pourrait ouvrir une période d’incertitude politique, estimant que la société guinéenne doit commencer à discuter de la voie qu’elle entend suivre et si l’avenir du pays doit être défini par un seul groupe ou par la nation tout entière.
DW Afrique : La société civile et le Pacte Social défendent le boycott du référendum constitutionnel du 30. Quelles sont les principales raisons de rejet de ce processus ?
Sabino Gomes Junior (SGJ) : Il n’y aura pas de contrôle de ce type sur le choix du peuple lors du référendum du 30. Nous pensons que ce sera le Conseil National de Transition (CNT) lui-même qui assurera l’encadrement, le CNT lui-même contrôlera également le processus. C’est l’arbitre qui sera le joueur : il jouera contre vous, il sifflera le match et il supervisera le jeu lui-même. Il n’y aura ni adversaire ni personne.
DW Africa: Après les allégations coup d’étatce référendum constitutionnel est présenté au peuple. Comment ce gouvernement de transition pourra-t-il regagner la confiance des Guinéens ?
SGJ : Vous ne pouvez pas avoir confiance, et il ne peut y avoir de confiance, lorsque vous imposez une position au peuple bissau-guinéen. Dans ce cas, nous pensons qu’il ne peut y avoir de confiance entre le peuple bissau-guinéen et ce gouvernement de transition tant qu’il y aura cette vision d’imposition par la force des choix du CNT lui-même et du gouvernement de transition.
Cette force est utilisée pour adopter cette Constitution.
DW Afrique : Pensez-vous que le boycott est la meilleure stratégie pour, d’une certaine manière, contester moralement et dire non à ce référendum ?
SGJ : Pour nous, aucune stratégie ne peut être meilleure qu’une autre. La logique de la société civile et du Pacte Social n’est pas d’avoir raison, mais de trouver une solution pour nous, sans encadrement et sans contrôle de ce que pourrait être, ou pourrait être, le choix du peuple guinéen.
Il n’y a aucune condition pour pouvoir se prononcer sur un résultat crédible. C’est pourquoi nous proposons le boycott. Nous n’avons aucune intention derrière cela. Il n’y a aucune idée préconçue sur le boycott lui-même. Pour nous, ce n’est pas une fin en soi.
C’est un mécanisme pour attirer l’attention de la CNT elle-même sur le fait que quelque chose qui est fait n’est pas bien fait. Dans le processus de choix du peuple, lorsque le peuple est convoqué, une supervision et un contrôle neutres doivent être garantis. Si tel n’est pas le cas, rien ne garantit que le choix du peuple sera respecté.
DW Afrique : Quelle est la prochaine étape pour le peuple guinéen et la société civile ?
SGJ : C’est bien, c’est vraiment bien, de commencer à réfléchir dès maintenant aux décisions à prendre et aux voies que nous souhaitons pour la Guinée-Bissau.
Voulons-nous qu’un seul groupe du peuple guinéen gouverne ou voulons-nous que la nation guinéenne gouverne ?
