Droits LGBT au Mozambique : manque de volonté politique ?

Droits LGBT au Mozambique : manque de volonté politique ?

Lambda n’est moralement reconnu qu’au Mozambique, soutenu en interne et par la communauté internationale. Son enregistrement se heurte encore à des obstacles bureaucratiques, sociaux et politiques.

L’organisation qui lutte pour les droits des minorités sexuelles affirme que le pays a déjà ratifié plusieurs instruments nationaux et internationaux et que par conséquent les droits de ce groupe devraient déjà être reconnus.

Un membre de Lambda, qui n’a pas souhaité être identifié, estime que le gouvernement devrait repenser l’idée d’approuver l’existence de ce groupe.

« Ce serait très bénéfique car cela éviterait de nombreux problèmes sociaux qui naissent du manque de connaissances en raison de la stigmatisation que nous avons constatée. La question des problèmes d’infection par le VIH, du SIDA et de la part des adolescents qui n’ont aucune connaissance, donc avoir un espace dans lequel ils peuvent parler et partager leurs expériences est toujours une bonne chose », dit-il.

Plusieurs années ont passé et l’exécutif n’a rien fait concernant la légalisation des mariages entre personnes du même sexe et le groupe estime que le silence accroît la discrimination.

La communauté souligne que si l’instrument qui les légalise était approuvé, la société pourrait commencer à respecter leurs droits. « Si je me sens à l’aise et que j’exerce pleinement et profite pleinement de ma sexualité avec une personne du même sexe que moi, en principe et au vu de ces instruments, il ne devrait y avoir aucune discrimination. Il devrait y avoir avant tout le respect des droits de l’homme », explique le membre de Lambda.

L’homosexualité n’a pas été criminalisée au Mozambique depuis 2014 et l’enregistrement officiel de Lambda en 2006 est toujours en attente devant les tribunaux.

Le droit dépend de la volonté politique

Le juriste José Capassura affirme que l’approbation d’une loi qui légalise les mariages entre personnes du même sexe dépend de la volonté politique, « du fait que le législateur établisse des conditions adéquates pour que le mariage soit effectivement reconnu comme tel, car il existe de nombreux couples homosexuels, mais ce qui n’existe pas, c’est leur reconnaissance légale », affirme-t-il.

Pour cela, explique Capassura, le législateur doit analyser le contexte dans lequel ces mariages doivent avoir lieu, comme briser leur conception traditionnelle. « Il faut ancrer et concevoir l’idée selon laquelle légiférer ou reconnaître l’homosexualité revient effectivement à remplacer l’homme-femme par la personne », ajoute-t-il.

Le juriste rappelle que la Constitution prévoit déjà la non-discrimination d’aucune sorte. « Nous passons à un autre horizon législatif, celui des matières pénales dans lesquelles l’agent doit, pour une raison quelconque, être tenu responsable s’il prouve effectivement la commission du délit de discrimination », conclut-il.