Lisbonne : les Guinéens réclament une solution pour la rétention des étudiants

Lisbonne : les Guinéens réclament une solution pour la rétention des étudiants

Les raisons de rétention sont dues à une documentation incomplète, ce qui signifie que les étudiants sont laissés à l’aéroport pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Des associations de Guinéens sont intervenues auprès des autorités portugaises et de l’ambassade de Guinée-Bissau à Lisbonne pour résoudre le problème.

Morida Biofa, une étudiante guinéenne de 19 ans, est venue au Portugal pour suivre le cours de comptabilité et de gestion à l’Instituto Politécnico da Lusofonia. Mais à son arrivée à Lisbonne, le 1er mai, elle s’est retrouvée bloquée à l’aéroport Humberto Delgado.

« Je suis arrivé au Portugal à 7 heures du matin. Je suis allé directement au poste de contrôle des documents et j’y ai rencontré un policier qui m’a interrogé sur mes documents ; je lui ai donné mon passeport. Ensuite, il m’a demandé pourquoi j’étais venu au Portugal ; je lui ai dit que je venais pour étudier », raconte-t-il.

Selon la jeune femme, le policier qui a inspecté les documents lui a indiqué que la déclaration d’inscription était périmée, considérant que l’année universitaire 2025-2026 était déjà terminée. « Puis il ne m’a rien dit de plus et m’a emmené faire un deuxième contrôle de documents », ajoute-t-il.

Dans une autre section, l’étudiant a été soumis à un interrogatoire approfondi, après avoir accepté de signer un document à cet effet. Il s’agissait d’un long processus qui a abouti à l’interdiction d’entrée de l’étudiant au Portugal en raison de documents incomplets. « J’y ai dormi deux jours, je n’ai pas bien dormi. J’ai dormi par terre », déplore l’étudiant, qui n’a quitté l’aéroport qu’avec l’intervention d’un avocat.

Situation fréquente depuis 2024

En plus de l’aide de leur famille et de leurs amis, les jeunes concernés ont reçu le soutien de l’association académique Mobilidade de Estudantes da Guiné-Bissau em Portugal (MEGB-P). Son président, Maiquel José Indi, a déclaré à DW que cette situation est récurrente.

« Depuis 2024, nous avons enregistré cette situation d’étudiants retenus à l’aéroport, toujours avec (des problèmes) de responsabilité, avec une arrivée tardive sur le territoire portugais, ce qui n’est souvent pas la faute de l’étudiant s’il arrive en retard », rapporte-t-il.

Le responsable de l’association regrette la manière inhumaine dont les étudiants sont traités à l’aéroport de Lisbonne. Il critique en revanche les procédures des autorités portugaises qui rendent difficile l’entrée lorsque les étudiants arrivent avec tous leurs documents à jour.

« Un étudiant (qui) a déjà obtenu un visa signifie qu’il remplit déjà les conditions pour entrer sur le territoire portugais », rappelle Maiquel José Indi.

Les étudiants attendent une autre position de Bissau

Dans ce contexte, l’association attend une autre position des autorités bissau-guinéennes, qui réfutent les responsabilités assumées en matière de coopération avec le Portugal, pour éviter de nouveaux rapatriements d’étudiants, affirme Maiquel Indi.

« Nous en profiterons pour informer tous les étudiants, même (si) munis d’un visa, de ne pas voyager sans contacter notre coordination permanente à Bissau pour préparer leur voyage au Portugal », révèle-t-il.

Jucimile Correia Seabra, présidente de l’Association des étudiants guinéens de Lisbonne, suit également ces cas avec inquiétude. C’est pourquoi il appelle toutes les parties à une réponse urgente, efficace et coordonnée.

« L’implication des entités consulaires, notamment le consulat portugais, est également essentielle pour assurer une plus grande transparence, une meilleure communication et des processus plus équitables dans l’octroi des visas d’étudiant. Pour éviter que nous soyons confrontés à nouveau aux mêmes problèmes au cours de la prochaine année 2026-2027 », affirme-t-il.

« On ne peut pas empêcher l’étudiant de commencer son parcours académique (…) car l’éducation doit être un pont d’opportunités et non un obstacle », ajoute Jucimile Seabra.

Le gouvernement portugais a décidé de créer d’ici juin de cette année deux centres d’installation et de séjour pour immigrants à l’aéroport de Lisbonne, sous réserve d’expulsion du territoire national. La finalité de ces espaces est l’accueil temporaire d’immigrés en situation irrégulière, mais dans des conditions de dignité et de sécurité.