Les élections législatives du 17 mai au Cap-Vert se déroulent à un moment où les questions telles que le coût de la vie, l’emploi, les transports et le logement dominent le débat politique.
Plus de 400 mille électeurs, dans le pays et dans la diaspora, seront appelés aux urnes pour choisir les 72 députés de l’Assemblée nationale et décider qui formera le prochain gouvernement.
Qui conteste ces élections ?
Il y a cinq partis en lice pour les élections.
Le Mouvement pour la démocratie (MpD), dirigé par l’actuel premier ministre, Ulisses Correia e Silva, cherche à renouveler son mandat au pouvoir. Le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), le plus grand parti d’opposition, se présente aux élections sous la direction de Francisco Carvalho.
L’Union capverdienne indépendante et démocratique (UCID), dirigée par João Santos Luís, tente de s’affirmer comme une alternative à la bipolarisation politique traditionnelle du pays. Pendant ce temps, le Parti populaire (PP) rivalise avec Amândio Vicente pour la direction. Enfin, le Parti travailliste et solidaire (PTS) présente Jónica Brito comme tête de liste, misant beaucoup sur les jeunes électeurs.
Que promettent les partis ?
Le MpD promet de renforcer les politiques sociales et économiques, d’augmenter les salaires, de créer des emplois de qualité et d’améliorer le système de santé national.
Le PAICV s’engage à réduire les prix du transport maritime et aérien entre les îles, à assurer la gratuité de l’éducation et des soins de santé, à lutter contre la corruption et à investir dans le logement social. Le parti défend également la réduction des coûts de gouvernance.
L’UCID est considéré comme le parti capable de briser la bipolarisation du pays. Il axe son discours sur l’amélioration des revenus des familles et des travailleurs. Parmi les propositions, se distingue la mise en place d’un salaire minimum de 25 mille escudos (226 euros) en 2026, en plus de résoudre les problèmes de transport et de promouvoir des politiques actives d’emploi.
Le PP se concentre sur la justice sociale, promet de réduire les inégalités et de garantir l’égalité des chances, en plus de proposer des réformes profondes dans les secteurs du logement, de la santé et de la sécurité sociale, ainsi que la lutte contre la corruption.
Le PTS cherche avant tout à mobiliser les jeunes électeurs, en se présentant comme la voix de ceux qui se sentent ignorés par la politique traditionnelle. Un logement décent est l’un des principaux étendards du parti.
Y a-t-il des favoris ?
Plusieurs analystes politiques estiment que le conflit de dimanche devrait être équilibré entre le MpD et le PAICV. Le juriste João Santos comprend que la société cap-verdienne reste divisée entre les deux plus grands partis, ce qui pourrait entraver la croissance de formations plus petites.
Malgré le discours de changement défendu par l’opposition, Santos considère que la vraie question sera de savoir s’il y aura des alternatives concrètes dans les politiques publiques ou simplement une alternance au pouvoir. « Je doute que le PAICV au pouvoir soit capable de faire autre chose que ce qu’a fait le MpD », commente-t-il.
Les élections de dimanche décideront non seulement de la composition de l’Assemblée nationale, mais aussi de l’orientation politique du Cap-Vert dans les années à venir, entre continuité et changement possible.
