La saisie des actifs de la société SOLIVAN Lda, qui gère Cervejeira Rosema, est due au non-paiement de dettes fiscales évaluées à environ un million d’euros.
La décision a été confirmée par le ministre des Finances de Sao Tomé, Gareth Guadalupe, qui a déclaré que la mesure visait à sauvegarder les intérêts de l’État et à assurer une plus grande rigueur en matière de conformité fiscale.
« Il n’y a pas de grands ou de petits contribuables, il n’y a pas de contribuables avec ou sans influence politique. Il y a un contribuable pour le fisc », a déclaré le responsable gouvernemental, soulignant que l’action vise à garantir que l’État recouvre les sommes dues.
Affaire avec histoire politique et judiciaire
Le brasseur Rosema, actuellement représenté par la société Solivan Lda, a été impliqué au fil des années dans plusieurs controverses juridiques et politiques. Sa gestion est passée entre les mains d’hommes d’affaires angolais et santoméens.
En 2023, la Cour Constitutionnelle (TC) de São Tomé et Príncipe (STP) a restitué l’entreprise aux hommes d’affaires et hommes politiques de São Tomé connus sous le nom de « frères Monteiro », quatre ans après l’avoir attribuée à l’homme d’affaires angolais Melo Xavier.
Les frères Domingos Monteiro et António Monteiro dirigent un parti doté d’un siège parlementaire, qui maintient un accord de plaidoyer parlementaire avec le parti Action démocratique indépendante (ADI), signé sous le gouvernement de l’ancien Premier ministre Patrice Trovoada.
Malgré ces liens, le ministre des Finances rejette toute motivation politique dans la décision, affirmant que le processus suit des critères juridiques applicables à tous les contribuables.
Critique et impact politique
Pour l’analyste de Sao Tomé Liberato Moniz, l’affaire dépasse la dimension fiscale et soulève des doutes sur la transparence et l’influence politique.
Selon Moniz, le chiffre d’affaires élevé de Rosema contraste avec la dette accumulée : « Si elle n’est pas payée, alors c’est beaucoup d’argent qui n’entre pas dans les caisses de l’État. Le cas Rosema a été plus une analyse de rentabilisation politique et peut-être louche qu’une entreprise qui opère légalement ».
L’analyste considère également que les liens des propriétaires avec un parti politique pourraient avoir des conséquences électorales, affaiblissant leur base de soutien si la situation financière de l’entreprise se dégradait.
Le gouvernement n’a pas détaillé le sort de la brasserie après la saisie des actifs de SOLIVAN Lda, mais garantit que d’autres entreprises se trouvant dans une situation similaire pourront être soumises à des mesures similaires, dans le but de renforcer la discipline fiscale et de protéger les finances publiques.
