Le débat sur l’interdiction de filmer les espaces publics en Angola a été relancé la semaine dernière, après un incident devant le siège du Conseil National Électoral (CNE), à Luanda.
L’association Mudei a tenté de remettre une lettre pour contester l’appel d’offres public qui a sélectionné l’entreprise espagnole Indra pour la gestion technologique des élections de 2027, lorsque des policiers ont empêché la capture d’images.
Des situations similaires ont été fréquentes. Mercredi (25.03), les journalistes couvrant le procès du militant Osvaldo Kaholo ont également été empêchés de photographier et de filmer, prétendument pour protéger l’image de l’accusé.
Restrictions récurrentes à l’intérieur et à l’extérieur de Luanda
Les cas de ce genre ne se limitent pas à la capitale. Dans la province de Moxico, le militant Nelson Euclides Mukazo affirme que cette pratique est récurrente. « A Moxico, c’est courant. Si vous essayez de filmer ou de photographier dans des institutions publiques, vous serez réprimé », dit-il.
Pour le militant, ces réactions reflètent des faiblesses institutionnelles : « Le système a peur. Et il y a aussi un manque de connaissances. »
La loi permet, mais admet des exceptions
Les juristes interrogés par DW Africa affirment qu’en général, la législation angolaise n’interdit pas la capture d’images dans les espaces publics.
L’avocat Agostinho Canando garantit qu’« à aucun moment la loi angolaise n’interdit de filmer dans les institutions publiques ».
La même interprétation est partagée par Serrote Simão, qui considère qu’il s’agit d’un droit citoyen et qu’il doit être garanti par les autorités.
Selon le juriste, la police doit garantir ce droit : « Les citoyens sont copropriétaires des biens publics, il n’y a donc aucune interdiction à cet égard. »
Mais il y a des limites à l’exercice de ce droit par les citoyens. Agostinho Canando affirme que l’utilisation des images peut être restreinte lorsqu’elle implique des pratiques telles que la diffamation, l’insulte ou la violation des droits de tiers.
D’autre part, le juriste João Malavidele fait référence à l’existence d’une législation qui impose des restrictions dans des cas spécifiques, comme dans les prisons, y compris des règles sur la distance pour capturer des images.
Malavidele ajoute que certaines institutions adoptent des règlements internes qui limitent les tournages, mais prévient que ces règles ne doivent pas contredire les droits fondamentaux, comme l’accès à l’information et la participation à la vie publique.
