Le pays se prépare à un cycle électoral exigeant dans un contexte marqué par des tensions politiques, des débats sur l’État de droit et des défis socio-économiques persistants.
Les élections présidentielles sont prévues le 19 juillet, suivies, le 27 septembre, des élections législatives, locales et régionales. Jusqu’à présent, le soutien formel des principaux partis n’a pas encore été annoncé, ce qui maintient le scénario électoral ouvert.
Miques João veut « récupérer et reprogrammer » São Tomé et Príncipe
L’avocat Miques João Bonfim a été le premier à annoncer son intention de se présenter comme indépendant. Dans une interview avec DW, il déclare que son objectif est de « rendre la dignité aux citoyens de São Tomé », à un moment où il estime que le pays traverse une profonde dégradation institutionnelle et sociale.
Selon le candidat, « la situation du pays a été déplorée sous tous ses aspects », certains remettant même en question l’existence effective de l’Etat. Il défend donc la nécessité de « récupérer » et de « reprogrammer » le pays, appelant les électeurs à « savoir décider pour le bien du pays ».
Miques João s’est fait connaître à São Tomé et Príncipe pour avoir été à l’avant-garde dans la clarification du cas du 25 novembre 2022. À cette occasion, quatre civils ont été torturés et tués par des militaires après une prétendue attaque contre une caserne – un épisode qu’un tribunal a qualifié de tentative de coup d’État.
L’avocat conteste cette version, affirmant qu’« il n’y a pas eu de coup d’État », mais plutôt « un piège pour tuer des gens ». Il soutient qu’il est essentiel de déterminer les responsabilités et de porter l’affaire devant un tribunal de toute urgence, soulignant que toutes les personnes impliquées – civils, militaires et paramilitaires – doivent être tenues pour responsables, comme l’exige l’État de droit.
Sa trajectoire récente a été marquée par des controverses. Miques João a perdu sa licence professionnelle à la suite de plaintes publiques contre des personnalités politiques et judiciaires, et a ensuite été arrêté dans une affaire dans laquelle il est accusé d’abus sexuel sur mineur. Après avoir dépassé la durée légale de détention préventive, il attend son procès en liberté, réitérant son innocence.
Elsa Pinto veut être la première femme élue
Une autre personnalité qui a déjà exprimé son intention de se présenter est Elsa Pinto, ancienne ministre des Affaires étrangères. Militant du Mouvement de libération de São Tomé et Príncipe (MLSTP). Pinto a également dirigé les portefeuilles de la Justice et de la Défense et entend désormais devenir la première femme élue présidente de la République du pays.
La candidate soutient qu’encourager le leadership féminin doit aller au-delà du discours politique : « Notre démocratie doit répondre à ce besoin d’autonomisation », affirme-t-elle, soulignant l’importance de créer de véritables conditions permettant aux femmes de démontrer leur capacité de leadership.
Malgré cette annonce, Elsa Pinto attend toujours une position officielle de son parti. Lors des dernières élections présidentielles, en 2021, plusieurs militants du MLSTP se sont présentés aux élections, mais le parti n’a soutenu que la candidature de Guilherme Pósser da Costa. À l’époque, Pinto s’était présenté comme indépendant et admet avoir répété le scénario.
Comme il l’explique, la décision dépendra de la position et des arguments du parti. S’il n’obtient pas de soutien, il garantit qu’il aura « suffisamment de bases pour avancer », reconnaissant même que, dans le passé, il a fait face à des sanctions internes qui ont affecté sa candidature et son équipe.
Des élections ouvertes sans soutien défini
Les deux pré-candidats ont participé aux élections présidentielles de 2021, remportées au second tour par l’actuel président, Carlos Vila Nova, et auxquelles 19 candidats se sont affrontés. Jusqu’à présent, aucun parti n’a officiellement annoncé son soutien au scrutin de juillet.
La campagne électorale devrait débuter deux semaines avant le scrutin, dans un contexte où le pays se prépare à un autre moment décisif de sa vie démocratique.
