Le procès des quatre accusés, deux citoyens russes et deux angolais, accusés de crimes tels que terrorisme, espionnage et financement du terrorisme, a débuté mardi (24.03), au Tribunal provincial de Luanda.
Selon le ministère public, le groupe était lié à un prétendu réseau international visant à déstabiliser le régime angolais et à influencer les changements politiques dans le pays.
Terrorisme et espionnage
Arrêtés en août de l’année dernière, les accusés sont responsables d’un large éventail de crimes, notamment d’organisation terroriste, d’incitation publique au crime, d’introduction illicite de devises étrangères et de corruption active d’un fonctionnaire.
Selon l’acte d’accusation, les suspects entretenaient des liens avec une structure clandestine dédiée aux campagnes de désinformation et aux actions de cyberguerre. Le ministère public affirme que le groupe avait l’intention de promouvoir des actes de déstabilisation politique, qui pourraient conduire à une alternance du pouvoir en Angola.
Parmi les scénarios mis en avant par le ministère public figurent le favoritisme présumé de l’UNITA, le principal parti d’opposition, ou la promotion de changements internes au MPLA, le parti au pouvoir, en vue de la montée d’une direction alignée sur les intérêts russes.
Implication des Angolais
Outre les deux citoyens russes, le processus inclut deux Angolais : un journaliste de la Televisão Pública de Angola (TPA) et un dirigeant de JURA, la branche jeunesse de l’UNITA.
Carlos Tomé Kiala, père du journaliste accusé, rejette ces allégations. S’adressant à DW, il déclare que son fils se limite à des tâches professionnelles.
« Il m’a dit qu’il travaillait simplement comme journaliste », raconte-t-il.
Toujours selon le reportage de Carlos Tomé Kiala, le journaliste a expliqué que son travail consistait à réaliser des interviews et à produire des contenus informatifs, payés par les citoyens russes impliqués dans l’affaire.
Le syndicat réclame justice
Le Syndicat des journalistes angolais garantit suivre ce dossier avec attention. Le secrétaire général du SJA, Pedro Miguel, affirme que le processus doit être traité avec rigueur et impartialité.
« Nous espérons que ces accusations ne sont pas fondées, car nous pensons qu’il s’agit d’un problème pour un forum politique et pas vraiment pour un forum professionnel », a-t-il ajouté.
Accusés détenus
Les quatre suspects sont en détention provisoire depuis leur arrestation en août 2025.
Ce processus, qui implique des accusations sensibles de sécurité nationale et d’ingérence politique, devrait marquer l’agenda judiciaire et politique angolais dans les semaines à venir.
