Menu
7sur7senegal.com
7sur7senegal.com

Ces hommes sont capables de vous soutirer de l'argent en une semaine à peine



Au Ghana, des téléphones permettent aux hommes de se faire passer pour des femmes en déformant leurs voix. A l'autre bout de la ligne, un homme seul, en Occident. Un homme seul à la recherche d'amour ou de sexe. Les Ghanéens qui pratiquent le sakawa n'ont qu'un but: soutirer de l'argent à l'esseulé. 

Les escrocs, qui voient leur job comme un travail de bureau tout à fait classique, estiment qu'ils "utilisent ce dont ils ont besoin pour obtenir ce qu'ils veulent". Combien de temps faut-il d'ailleurs pour obtenir de l'argent à une personne crédule après de simples discussions sur Internet? Selon le documentaire "Sakawa", sept jours à peine. Pas étonnant que les Ghanéens pensent que l'arnaque en ligne va les rendre riches...

Ben le sait: c'est à ça que sa vie aurait pu ressembler s'il était resté au Ghana. Dans le pays, le sakawa n'est pas autorisé officiellement mais il est toléré par les autorités. "Tout le monde sait que beaucoup n'ont pas d'autres choix pour subvenir à leurs besoins. Les personnes qui se retrouvent à faire du sakawa ont souvent tout essayé pour gagner de l'argent. A un moment, la tentation est trop grande...", explique le réalisateur.

Les anciens camarades d'internat de Ben lui ont raconté leur vie. "Leur seule condition était que je raconte une histoire honnête." Le jeune réalisateur belge aimerait que ses anciens copains puissent utiliser leurs compétences et leur intelligence de façon différente. "Mais ils ont abandonné l'idée qu'ils pourraient gagner de l'argent autrement."


Le film nous montre l'association surprenante entre la technologie et les rituels africains. En effet, ceux qui pratiquent le sakawa font appel à certains rituels religieux quand l'argent ne tombe pas assez rapidement. On apprend donc que le rituel vaudou ne consiste pas à prononcer quelques malédictions en insérant des aiguilles dans une poupée. Ici, c'est surtout de la méditation, de l'équilibre et des énergies.

Le site Ghanaweb explique les "arnaqueurs" ne veulent en tout cas pas qu'on utilisent le mot "victimes" pour désigner ceux qui le sont pourtant. "Le mot client est utilisé pour désigner ceux qu'on rencontre en ligne. Un client est un partenaire commercial qui apportera peut-être de l'argent", explique un pro de la manoeuvre. Un homme, habitué de la séduction en ligne, explique ressentir parfois de la pitié pour les femmes qu'il piège. "Elle pleure, mais toi, tu as besoin d'argent", lâche-t-il, pragmatique. 

On retrouve ce dédain dans le documentaire de Ben Asamoah. Ceux qu'il filme ne s'intéressent pas trop à leur victime. Pas de culpabilité à l'horizon. Il ne fait pas d'eux des méchants pour autant. C'est juste la réalité brute, telle qu'elle est en Afrique. 

"Sakawa" sortira le 24 avril en Belgique.
Lundi 11 Mars 2019
7sur7senegal