Sissoco Embaló peut-il retourner en Guinée-Bissau ?

Quel avenir attend Umaro Sissoco Embaló ?

La décision du haut commandement militaire de bloquer le retour d’Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau continue d’être applaudie par divers secteurs de la société, qui considèrent l’ancien président de la République comme une « source » d’instabilité.

La semaine dernière, les militaires fidèles à Umaro Sissoco Embaló, installés à la Présidence de la République, ont été désarmés et transférés dans d’autres unités. Sissoco a déclaré, sur les réseaux sociaux, qu’il « surveillait » la situation et n’est finalement pas rentré au pays le 4 octobre, comme il l’avait annoncé.

Avant d’annuler son retour, Umaro Sissoco Embaló avait déclaré qu’il comptait se présenter aux élections présidentielles de décembre. Mais le journaliste Bacar Camará affirme ne pas voir d’avenir « favorable » pour l’ancien chef de l’Etat sur la scène politique guinéenne.

« Il a eu une présidence très mouvementée, avec plusieurs cas de violence verbale et physique », dit Bacar Camará dans des déclarations à la DW. « Umaro Sissoco Embaló a raté une grande opportunité, comme son prédécesseur (à la présidence de la République), José Mário Vaz, de conduire le pays vers la réconciliation, la compréhension et l’harmonie nationale ».

A Bissau, plusieurs citoyens se satisfont de l’élimination, pour l’instant, de Sissoco Embaló de la scène politique guinéenne.

« Je pense qu’il vaut mieux qu’il reste là où il est et laisse le pays avancer, parce que nous sommes fatigués », a avoué un habitant. « Il y a des problèmes partout. Dans l’éducation, la santé et presque tout. Si Umaro Sissoco Embaló revient, il y aura encore plus de problèmes », a prévenu un autre citoyen.

Réconciliation nationale

Les autorités guinéennes n’ont fait aucun commentaire depuis qu’elles ont annoncé, la semaine dernière, que les « conditions de sécurité » n’étaient pas réunies pour garantir le retour de l’ancien président de la République.

Le Haut commandement militaire a également prévenu que l’interdiction des manifestations ou rassemblements à caractère politique restait en vigueur, soulignant que « tout acte de mépris ou de non-respect » de ces règles relèverait « de la seule responsabilité de leurs auteurs respectifs ».

Les partis politiques et les organisations de la société civile affirment qu’il faut profiter de ce moment pour entamer un processus de « véritable » réconciliation nationale. Mais le journaliste Bacar Camará estime que tout processus de réconciliation devrait concerner tous les citoyens, y compris Sissoco Embaló.

« La Guinée-Bissau a besoin de tous ses enfants, quelles que soient les erreurs commises. Elle a besoin de tous ceux qui peuvent contribuer pour qu’elle puisse trouver une voie de développement », a-t-il déclaré.

Des élections législatives et présidentielle sont prévues dans deux mois en Guinée-Bissau. Les critiques estiment cependant qu’il sera impossible d’organiser le vote à la date prévue, le 6 décembre, faute de conditions.