Histoire du PAIGC : "Le groupe ne peut pas être capturé !"

Histoire du PAIGC : "Le groupe ne peut pas être capturé !"

Un groupe de dirigeants et de militants mécontents qui se qualifient de « groupe de réflexion », prétendument dirigé par João Bernardo Vieira, qui occupe actuellement le poste de ministre des Affaires étrangères, avait déjà publiquement demandé que le congrès soit avancé en raison du fait que le président du parti, Domingos Simões Pereira, est assigné à résidence dans le contexte d’un prétendu coup d’État militaire le 26 novembre 2025.

Le groupe a annoncé ce lundi (16.03) qu’il avait prévu le XIe Congrès ordinaire pour les 9 et 10 mai, le jour même où la commission permanente du PAIGC a informé qu’elle se réunirait le 28 mars avec le Comité central « en vue de convoquer le XIe Congrès ordinaire (…) et avec la recommandation de fixer une date à la mi-2026 ».

Mário Dias Sami, l’un des dirigeants historiques du PAIGC, ancien ministre et ancien secrétaire d’État et ancien député, défend la direction de Domingos Simões Pereira, admettant cependant que le parti traverse un autre moment difficile de sa longue histoire de 70 ans.

DW ÁFRICA : Le PAIGC n’est-il pas en bonne santé ?

Mario Dias Sami (MDS) : Le PAIGC traverse en effet un moment très difficile de son histoire. Mais ce parti a toujours su trouver des solutions aux problèmes auxquels il était confronté. Le PAIGC n’a jamais dévié de ses principes de base. Le PAIGC fêtera les 70 ans de sa création. Le PAIGC est un patrimoine national.

DW Afrique : Mais maintenant, nous nous trouvons dans une situation où une fois de plus le parti est divisé entre une aile appelée le groupe de réflexion, qui veut une nouvelle direction et un congrès extraordinaire en mai, et l’autre aile qui reconnaît l’actuel Comité central et son leader Domingos Simões Pereira…

MDS : En fait, cette année sera l’année du congrès, mais pour cela le parti dispose d’un organe compétent, qui est le Comité central. Le Comité central a la compétence exclusive pour fixer la date du congrès. Il ne peut s’agir d’un soi-disant groupe de réflexion. Nous avons plus d’un demi-siècle de militantisme au sein du PAIGC, nous ne laisserons personne contribuer à la ruine de notre parti. Personne.

DW Afrique : Mais Domingos Simões Pereira, assigné à résidence, est-il capable de continuer à diriger le PAIGC à l’heure actuelle ?

MDS : Domingos Simões Pereira est le leader de notre grand parti historique et glorieux. Personne d’autre ! Le groupe de réflexion n’a aucune légitimitéaucun groupe ne peut penser pouvoir accéder au pouvoir. Ce n’est pas possible ! Nous ne pouvons pas tolérer des actes individuels contraires aux intérêts du parti. Domingos Simões Pereira a remporté le congrès que nous avons organisé en 2022, il a remporté le congrès. Les citoyens guinéens et les militants du PAIGC doivent respecter Domingos Simões Pereira. Il se trouve dans une situation difficile. Nous devons être des défenseurs intransigeants de Domingos Simões Pereira.

DW Africa : Et qui sera derrière ce soi-disant groupe de réflexion ? Sera-ce João Bernardo Vieira ?

MDS : Je ne veux pas entrer dans les détails. Je veux juste poser la question suivante : Quand João Bernardo Vieira a-t-il rejoint le PAIGC ? Quand? Quand a-t-il rejoint le PAIGC ?

DW Afrique : Le parti sera-t-il prêt pour les élections de cette année ? Et y aura-t-il des élections cette année ?

MDS : La tenue ou non d’élections cette année dépend exclusivement du haut commandement militaire. Notre parti PAIGC, à tout moment, est prêt, est prêt, est capable de participer aux prochaines élections et d’être le vainqueur de ces élections. Si des élections sont déclenchées, nous irons aux élections. J’attire seulement l’attention sur la situation suivante ; Quand tous les partis, toutes les formations politiques, ont leur siège fermé, leurs structures fermées, leurs atouts civiques, tout fermé, comment peut-on préparer les élections ? Mais le jour venu, nous préparerons les élections, nous organiserons nos réunions dans nos maisons, nous affronterons et agirons frontalement contre quiconque. Défendons le PAIGC, en montrant que nous avons participé au processus révolutionnaire, en tant que parti qui a créé l’État de Guinée-Bissau. C’est ce que nous ferons !